À Soisy-sous-Montmorency, commune du Val-d’Oise d’environ 18 000 habitants, le nouveau maire divers droite Nicolas Naudet a créé la polémique dès ses premiers pas en fonction.
Lors de son deuxième conseil municipal, le 2 avril 2026, il a fait voter une augmentation de 173 % de son indemnité de fonction, la faisant passer de 1 506 € à environ 4 100 € bruts mensuels.
Une décision prise immédiatement après son élection, qui a provoqué l’indignation de l’opposition et suscité un vif débat local sur la légitimité et le calendrier de cette revalorisation.
Une augmentation de 173 % votée dès le deuxième conseil municipal
Nicolas Naudet n’a pas attendu la fin de sa période de rôdage pour agir sur sa rémunération.
En faisant voter, dès le 2 avril 2026, une hausse de 173 % de son indemnité de maire, il a immédiatement placé la question du coût de la démocratie locale au cœur du débat politique à Soisy-sous-Montmorency.
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De 1 506 € à 4 100 € bruts : les chiffres d’une hausse historique
Concrètement, l’indemnité mensuelle brute de Nicolas Naudet est passée de 1 506 € à une fourchette de 4 100 à 4 110 € bruts par mois, soit une augmentation de 173 % en un seul vote.
Cette décision a été adoptée lors du deuxième conseil municipal du nouveau maire, le 2 avril 2026, quelques semaines seulement après son entrée en fonction.
Pour une commune de taille moyenne comme Soisy-sous-Montmorency, où la proximité entre élus et habitants est forte, l’impact symbolique de cette décision a été immédiat.
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L’argument du maire : s’aligner sur les communes voisines et encourager l’engagement
Face aux critiques, Nicolas Naudet a assumé pleinement cette décision, la présentant comme une mesure de justice et de cohérence.
Il a justifié cette hausse par la nécessité de s’aligner sur les indemnités pratiquées dans les communes voisines de taille comparable, et par la volonté d’éviter de « réserver le rôle de maire aux riches et aux retraités ».
Il a également souligné que son prédécesseur disposait d’une indemnité particulièrement basse, présentant cette revalorisation comme une normalisation plutôt qu’un privilège.
Le maire affirme que cette rémunération est le prix de son engagement à plein temps pour la commune.
L’opposition monte au créneau et pointe un cumul de rémunérations
La décision du maire n’a pas tardé à susciter des réactions vives au sein du conseil municipal.
L’opposition, emmenée notamment par Omar Bekare, a dénoncé non seulement le calendrier de la décision, mais également la question du cumul de fonctions et de rémunérations qui pourrait porter le total mensuel du maire à des niveaux jugés indécents.
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Omar Bekare et l’opposition : le spectre des 7 300 € mensuels cumulés
L’opposition, notamment par la voix d’Omar Bekare, a mis en lumière un élément crucial du débat : Nicolas Naudet cumule d’autres fonctions, dont une vice-présidence de l’agglomération et des mandats dans des syndicats intercommunaux.
En additionnant l’ensemble de ces indemnités, le total mensuel pourrait atteindre environ 7 300 €, un niveau que ses détracteurs qualifient de cumul indécent pour l’élu d’une commune de 18 000 habitants.
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Une décision symbole d’une fracture politique dès les premiers jours du mandat
Au-delà des chiffres, c’est le timing de la décision qui cristallise l’indignation.
L’opposition souligne que cette augmentation a été votée immédiatement après l’élection, sans concertation ni période d’observation, ce qui est perçu comme un manque de considération pour les habitants.
Pour ses détracteurs, cette démarche révèle d’emblée une certaine conception de l’exercice du pouvoir local, éloignée des préoccupations quotidiennes des administrés.
Un débat qui dépasse Soisy et interroge la rémunération des élus locaux en France
La polémique de Soisy-sous-Montmorency soulève en réalité une question bien plus large : celle de la juste rémunération des maires en France.
Entre le risque de réserver la fonction aux personnes aisées et celui d’indemnités perçues comme excessives, le débat est ancien mais récurrent dans les petites et moyennes communes.
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Le cadre légal des indemnités de maires : une liberté encadrée par la loi
En France, les indemnités des maires sont fixées dans une fourchette légale définie par le Code général des collectivités territoriales, en fonction de la strate démographique de la commune.
Pour une ville comme Soisy-sous-Montmorency, le conseil municipal dispose d’une certaine marge de manœuvre pour voter l’indemnité du maire dans cette fourchette.
Si la décision de Nicolas Naudet est légalement fondée, son ampleur et son calendrier ont néanmoins choqué une partie des élus et des habitants.
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Transparence et confiance : les enjeux politiques d’une controverse à suivre
Cette affaire illustre combien les décisions financières prises en début de mandat peuvent durablement marquer l’image d’un élu local.
Pour Nicolas Naudet, l’enjeu est désormais de rétablir la confiance avec ses administrés et de démontrer, par des actes concrets au service de la commune, que son engagement à plein temps justifie la rémunération qu’il s’est accordée.
La transparence sur l’ensemble de ses mandats et indemnités cumulés sera sans doute un élément clé pour apaiser la polémique dans les semaines à venir.




