Le Conseil départemental du Val-d’Oise a adopté son budget primitif 2026 lors de l’assemblée du 3 avril 2026, arrêtant le montant total à 1,57 milliard d’euros.
Malgré un contexte économique national difficile, marqué par la crise énergétique, la baisse de l’épargne brute et des dépenses contraintes en hausse, la collectivité affiche une volonté résolue de maintenir un effort d’investissement soutenu de 200 millions d’euros, financé en partie par un recours à l’emprunt de 215 millions d’euros.
Un budget qualifié de “responsable et ambitieux” par l’exécutif départemental.
Un budget en hausse dans un environnement sous tension
Avec 1,57 milliard d’euros inscrits au budget primitif 2026, le département du Val-d’Oise enregistre une progression de 2,2 % par rapport à l’exercice 2025.
Cette hausse intervient dans un climat économique particulièrement contraint.
La présidente du Département, Marie-Christine Cavecchi, a rappelé lors de la séance d’adoption que la flambée durable des prix de l’énergie constitue désormais une contrainte structurelle pesant à la fois sur la compétitivité des entreprises et sur le pouvoir d’achat des ménages valdoisiens.
À ce défi énergétique s’ajoutent d’autres facteurs défavorables : une croissance nationale attendue en dessous de 1,5 %, une fragilité persistante du secteur du logement, et l’apparition de nouvelles dépenses contraintes estimées à 46 millions d’euros.
Ces charges supplémentaires sont en grande partie imposées par l’État, sans compensation équivalente, ce qui restreint considérablement les marges de manœuvre financières du département.
Par ailleurs, l’année 2025 s’est achevée avec une épargne brute en nette baisse, tombée à 52 millions d’euros contre 82 millions en 2024, soit un recul de 33 %.
Après avoir pourtant réduit son encours de dette de plus de 350 millions d’euros en sept ans, le Département se voit désormais contraint de recourir à l’emprunt pour maintenir son niveau d’ambition.
Un emprunt de 215 millions d’euros a ainsi été voté, similaire à celui engagé en 2025, afin d’équilibrer les finances sans alourdir la fiscalité locale.
200 millions d’euros d’investissements : le cœur d’un budget offensif
Malgré ce contexte difficile, le Conseil départemental a maintenu son cap en votant une enveloppe d’investissement de 200 millions d’euros pour 2026.
Cet effort s’inscrit dans la continuité du plan pluriannuel d’investissement 2022-2028, qui prévoit des investissements sans précédent à hauteur de 1,3 milliard d’euros sur l’ensemble de la période. Une stratégie financière de long terme qui témoigne de la volonté de faire du Val-d’Oise un territoire dynamique, attractif et durable.
Ces investissements sont répartis autour de trois grandes priorités : la réussite scolaire avec le Plan Marshall des collèges, le développement des mobilités sur l’ensemble du territoire, et le soutien aux communes et intercommunalités via le Fonds Val d’Oise Territoires.
Chacune de ces priorités traduit la vision du Département : investir là où les besoins des habitants sont les plus concrets et les plus urgents.
Le Plan Marshall des collèges : 84,1 millions pour l’avenir éducatif
La première priorité d’investissement du budget 2026 est résolument tournée vers la jeunesse.
Avec 40 % de la population valdoisienne âgée de moins de 30 ans, le département fait de l’éducation un levier stratégique.
Pas moins de 84,1 millions d’euros sont ainsi consacrés à la poursuite du Plan Marshall des collèges, un programme ambitieux visant à améliorer les conditions d’apprentissage des collégiens à travers la rénovation, la reconstruction et la modernisation des établissements scolaires.
Au-delà des infrastructures scolaires, le Département alloue également 135,7 millions d’euros aux collèges au titre de la politique éducative globale.
L’enjeu est de créer des environnements d’apprentissage à la hauteur des attentes des jeunes Valdoisiens, en alliant rénovation énergétique et qualité pédagogique.
Le budget prévoit également 770 000 euros pour la politique jeunesse, intégrant des dispositifs innovants tels que le mentorat pour les jeunes filles issues de milieux modestes, des concours d’éloquence, l’aide au permis de conduire contre 20 heures de bénévolat, ou encore le soutien à l’École de la 2e Chance.
48 millions pour les mobilités : routes, vélo et transports en commun
Le deuxième axe majeur d’investissement concerne les mobilités. Le Département consacre 48 millions d’euros à l’amélioration des déplacements sur l’ensemble du territoire, une enveloppe qui couvre à la fois le réseau routier, le plan vélo et les transports en commun.
Plus précisément, 45,9 millions d’euros sont destinés à l’entretien, à l’aménagement et à la sécurisation du réseau de 1 243 kilomètres de routes départementales, contre 44,2 millions en 2025.
Parmi les chantiers emblématiques prévus en 2026 figurent la réparation définitive du pont de la RD4E3 à Persan, l’aménagement d’un giratoire sur la RD22 à Boissy-l’Aillerie, ou encore la création d’infrastructures cyclables à Goussainville et Domont.
Le plan Vélo bénéficiera quant à lui de 4 millions d’euros supplémentaires, dans le cadre d’une politique de mobilité douce que le Département développe progressivement sur l’ensemble du territoire.
Ces investissements répondent à un enjeu central : améliorer le quotidien des habitants, leur sécurité et le dynamisme économique local.
30 millions pour les communes : le Fonds Val d’Oise Territoires
Le troisième volet de l’investissement départemental est consacré au soutien aux collectivités locales. Le Fonds Val d’Oise Territoires est maintenu à hauteur de 30 millions d’euros pour aider les communes et communautés d’agglomération à réaliser leurs équipements de proximité.
À travers ce fonds, le Département tient son engagement de mandat d’accompagner ses partenaires locaux à hauteur de 270 millions d’euros sur l’ensemble du mandat.
Ce dispositif, qui témoigne d’une solidarité territoriale inédite entre collectivités, a déjà permis de financer des projets structurants tels que la construction de nouveaux collèges, la rénovation du pont d’Argenteuil, la création d’un sanctuaire de biodiversité à Herblay-sur-Seine ou encore la réhabilitation de l’abbaye de Royaumont.
En 2026, il continuera de jouer un rôle de levier pour le développement local et l’investissement public de proximité.
La solidarité au cœur du budget : 62 % consacrés aux dépenses sociales
Si l’investissement est en vedette, les dépenses de fonctionnement restent dominées par la solidarité. Avec 805,7 millions d’euros, soit 62 % du budget de fonctionnement, la politique sociale demeure le premier poste de dépenses du Département.
Cette enveloppe couvre l’aide aux personnes âgées dépendantes, l’accompagnement des personnes en situation de handicap et l’aide sociale à l’enfance, trois piliers de l’action sociale que le Val-d’Oise s’engage à maintenir et renforcer.
Cette priorisation de la solidarité dans le budget s’explique aussi par l’évolution démographique et sociale du territoire. Face à une population vieillissante dans certaines communes et à des inégalités persistantes dans d’autres, le Département assume pleinement son rôle de filet de sécurité pour les habitants les plus fragiles.
À noter que le budget global de solidarité atteint 789 millions d’euros dans sa version élargie, un niveau qui reflète l’ampleur des besoins à couvrir.
Sécurité, culture et sport : des dotations maintenues pour la qualité de vie
Au-delà des grandes politiques d’investissement et de solidarité, le budget 2026 préserve les dotations dans d’autres domaines essentiels à la qualité de vie des Valdoisiens.
Le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) du Val-d’Oise, dont le Département est le premier financeur, bénéficie d’une enveloppe de 84,9 millions d’euros, en hausse de 1,8 % par rapport à 2025. Six millions d’euros supplémentaires sont spécifiquement alloués à la modernisation et au renouvellement des équipements des sapeurs-pompiers.
La culture, avec 9,3 millions d’euros inscrits au budget, bénéficie d’une programmation ambitieuse pour 2026.
L’événement phare de l’année sera l’exposition “Van Gogh, influenceur” au Château d’Auvers-sur-Oise, accompagnée d’une quinzaine de festivals et d’actions de médiation culturelle à destination des publics prioritaires.
La politique sportive, dotée de 6,5 millions d’euros, continue de s’appuyer sur l’équipement d’excellence Athletica pour animer le territoire, soutenir les clubs, les comités sportifs et les athlètes de haut niveau.
Une stratégie financière prudente face à l’endettement croissant
Pour financer ces investissements sans augmenter la pression fiscale sur les ménages, le Conseil départemental a fait le choix d’un recours raisonné à l’emprunt.
Les 215 millions d’euros d’emprunt prévus en 2026, équivalents à ceux contractés en 2025, permettent d’équilibrer les comptes dans un contexte où l’épargne brute ne suffit plus à couvrir seule les besoins d’investissement.
Cette approche reflète une gestion rigoureuse, soulignée par la note “A+” attribuée au département par l’agence de notation Fitch Ratings. La stratégie d’ensemble repose sur un équilibre délicat : maintenir un haut niveau d’investissement pour préparer l’avenir, tout en préservant la soutenabilité financière à moyen terme.
Le plan pluriannuel 2022-2028, qui prévoit 1,3 milliard d’euros d’investissements cumulés, trace une trajectoire claire.
Mais cette ambition se heurte à une réalité nationale préoccupante : en seulement quelques années, les départements français ont dû absorber des milliards d’euros de dépenses supplémentaires tout en voyant leurs recettes fiscales stagner ou diminuer.
Un cap tenu, une ambition affirmée pour les Valdoisiens
Le budget primitif 2026 du Val-d’Oise illustre la complexité du pilotage des finances départementales dans un environnement économique incertain.
En arrêtant un budget de 1,57 milliard d’euros, dont 200 millions d’euros d’investissements directs, le Conseil départemental prouve qu’il est possible de maintenir une ambition forte pour le territoire, même sous contrainte.
La priorité donnée aux collèges, aux mobilités, à la solidarité et au soutien aux communes traduit une vision cohérente du développement local.
Ce budget 2026, qualifié de “responsable et ambitieux” par l’exécutif, vise avant tout à préserver la qualité de vie des 1,2 million de Valdoisiens dans un contexte national de baisse des dotations et de montée des dépenses contraintes.
En choisissant de ne pas augmenter les impôts tout en maintenant ses investissements, le département du Val-d’Oise entend rester un acteur public de premier plan, capable d’agir concrètement pour améliorer le quotidien de ses habitants, soutenir les plus fragiles et construire un territoire durable, solidaire et résolument tourné vers l’avenir.




