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Val-d’Oise : 46 millions d’euros pour les routes en 2026 et accélération du projet ferroviaire Roissy-Picardie

Dans le cadre de son budget primitif 2026, le Département du Val-d’Oise engage 46 millions d’euros pour l’entretien, la modernisation et la sécurisation de ses 1 243 kilomètres de routes départementales.

 

En parallèle, le grand projet ferroviaire Roissy-Picardie, dont les travaux avancent à Fosses dans le Val-d’Oise, entre dans une phase décisive : une voie nouvelle de 6,5 km doit raccorder la ligne Paris-Creil-Amiens à la gare de Roissy TGV, une infrastructure attendue depuis plusieurs décennies qui changera durablement les conditions de mobilité de toute une région.

 

Un réseau routier sous pression : 46 millions d’euros pour tenir le cap

 

Avec 1 243 kilomètres de routes départementales à gérer, le Val-d’Oise figure parmi les départements franciliens disposant du réseau viaire le plus étendu.

 

Pour 2026, le Conseil départemental a voté une enveloppe de 45,9 millions d’euros consacrée à l’entretien, à l’aménagement et à la sécurisation de ce réseau, contre 44,2 millions d’euros en 2025.

 

Cette hausse, modeste mais significative, traduit la volonté politique de maintenir un haut niveau d’entretien du patrimoine routier, malgré un contexte budgétaire globalement contraint.

 

Ces investissements s’inscrivent dans une démarche globale de sécurisation et d’amélioration du maillage routier départemental.

La mobilité est en effet identifiée comme un enjeu central pour le Val-d’Oise, car elle touche directement le quotidien des habitants, leur sécurité et le dynamisme économique du territoire.

 

Le Département entend ainsi répondre aux besoins de déplacements d’une population de plus de 1,2 million d’habitants, répartie entre zones urbaines denses et secteurs ruraux ou périurbains.

 

Couches de roulement et ouvrages d’art : les priorités techniques du chantier 2026

 

Parmi les postes d’investissement les plus concrets, 6,5 millions d’euros sont dédiés au renouvellement des couches de roulement sur plusieurs axes stratégiques du département.

 

Les chantiers concernent notamment la RD14 dans le sens Ableiges-Paris, la RD929 à Soisy-sous-Montmorency, la RD64 à Montsoult et la RD28 à Neuilly-en-Vexin.

 

Ces opérations visent à restaurer la qualité de la chaussée sur des tronçons fréquemment empruntés, améliorer le confort de conduite et prévenir des dégradations structurelles plus coûteuses à long terme. La surveillance et la maintenance des ouvrages d’art constituent un autre axe majeur du programme 2026.

 

Une enveloppe de 3,8 millions d’euros est consacrée aux campagnes systématiques d’inspection détaillée de l’ensemble du patrimoine d’ouvrages du département.

Ces inspections sont indispensables pour assurer la sécurité des usagers et garantir la maintenance d’un patrimoine stratégique en matière de mobilité et d’activité économique.

 

Parmi les interventions emblématiques prévues cette année figure la réparation définitive du pont de la RD4E3 à Persan, dont des opérations préalables de sécurisation ont déjà été réalisées en 2025.

 

Sécurité routière et aménagements : plus de 5 millions pour protéger tous les usagers

 

Au-delà de l’entretien du réseau existant, le Département consacre plus de 5 millions d’euros à la sécurisation des routes et aux aménagements en faveur de tous les usagers — automobilistes, piétons et cyclistes.

 

Plusieurs projets sont déjà engagés ou en cours de lancement. La création d’un giratoire sur la RD22 à Boissy-l’Aillerie et le réaménagement de la RD9Z à Puiseux-en-France, Marly-la-Ville et Châtenay-en-France sont des exemples concrets de cette politique d’amélioration du maillage local.

 

D’autres chantiers seront lancés au cours de l’année 2026, comme la sécurisation de l’entrée de Nesles-la-Vallée depuis Parmain, la réhabilitation du mur de soutènement de la RD4 à Butry-sur-Oise, ou encore la création d’un giratoire à Bellay-en-Vexin pour améliorer la sécurité des riverains et des usagers de la route.

 

Ces interventions, bien que locales, témoignent d’une approche systématique et territorialisée de la sécurité routière que le Département mène depuis plusieurs années.

 

4 millions pour le plan Vélo : le département mise sur les mobilités douces

 

Signe de la transformation des politiques de mobilité en cours, le plan Vélo du Val-d’Oise bénéficie d’une dotation de 4 millions d’euros en 2026.

 

Cette enveloppe finance la création et l’extension de pistes cyclables et de voies vertes sur l’ensemble du territoire.

 

Parmi les réalisations phares de cette année, la création d’une voie verte le long de la RD47 à Goussainville, entre le giratoire Jacques-Chirac et celui de l’Europe, a été lancée dans la continuité d’une première étape déjà réalisée.

 

À Domont, une piste cyclable est également en cours de réalisation sur la RD124, accompagnée d’un renouvellement du revêtement de la chaussée et de l’installation de nouveaux candélabres.

 

Ces aménagements cyclables s’inscrivent dans une vision cohérente du développement durable des déplacements dans le Val-d’Oise.

 

En développant des alternatives à la voiture individuelle, le Département répond à la fois aux enjeux environnementaux, aux besoins de santé publique et aux attentes croissantes des habitants pour des modes de transport plus doux et sécurisés.

 

Le plan Vélo contribue également à renforcer l’attractivité résidentielle du département, notamment auprès des familles et des actifs.

 

Le projet Roissy-Picardie : 6,5 km de voie nouvelle pour désenclaver un territoire

 

À une autre échelle, le Val-d’Oise est également au cœur d’un projet ferroviaire d’envergure nationale : la liaison Roissy-Picardie.

 

Ce projet, porté par SNCF Réseau, prévoit la création d’une section de ligne nouvelle à double voie de 6,5 km, reliant la ligne Paris-Creil-Amiens à la gare de Roissy TGV — Aéroport Charles de Gaulle Terminal 2.

 

Les travaux, lancés en janvier 2024 à la suite de l’attribution du marché de conception et réalisation au groupement NGE-Egis, se déroulent notamment sur le territoire de la commune de Fosses, dans le Val-d’Oise.

 

Ce chantier de grande ampleur représente plus de 541 millions d’euros d’investissements et a nécessité quinze ans d’études préalables, d’enquêtes publiques et de montages financiers complexes.

 

L’utilité publique du projet a été déclarée le 21 janvier 2022 par un arrêté inter-préfectoral couvrant cinq départements : le Val-d’Oise, l’Oise, la Seine-et-Marne, la Somme et la Seine-Saint-Denis.

 

La convention financière définitive a été signée en juin 2024, bouclant un plan de financement impliquant l’État, SNCF Réseau, plusieurs régions et collectivités territoriales.

 

Des gains de temps spectaculaires : Amiens à 1 heure de Roissy, Survilliers à 7 minutes

 

Les bénéfices attendus de la liaison Roissy-Picardie sont considérables pour les habitants du Val-d’Oise et des Hauts-de-France. Une fois la ligne mise en service, la gare de Survilliers-Fosses — dans le Val-d’Oise — ne sera plus qu’à 7 minutes de Roissy en train, contre près d’une heure aujourd’hui.

 

Compiègne se rapprochera de Roissy à 45 minutes au lieu de 1h30, et la gare de Chantilly-Gouvieux n’en sera plus qu’à 16 minutes. Quant aux habitants d’Amiens, la liaison ramènera leur trajet vers la plateforme aéroportuaire à 1 heure environ.

 

Pour les Valdoisiens des communes du nord-est du département — Fosses, Marly-la-Ville, Survilliers, Saint-Witz —, ce nouveau service ferroviaire représente une opportunité majeure d’accéder plus facilement au pôle d’emploi du Grand Roissy, qui compte plus de 280 000 salariés.

 

Selon les études de trafic réalisées par SNCF Réseau, plus d’un tiers des futurs utilisateurs des TER de la liaison Roissy-Picardie proviendront du Val-d’Oise, principalement pour des déplacements domicile-travail ou domicile-études.

 

Un financement multi-partenaires et une mise en service attendue à horizon 2026-2028

 

Le financement de la liaison Roissy-Picardie repose sur une architecture multi-partenaires inédite. La Région Hauts-de-France a contribué à hauteur de plus de 130 millions d’euros, soit environ 26 % du coût total du projet.

 

Elle a par ailleurs commandé 11 nouvelles rames de train pour un investissement de 190 millions d’euros supplémentaires, afin de préparer l’exploitation commerciale de la ligne dès sa mise en service.

 

L’État et SNCF Réseau ont quant à eux plafonné les montants demandés aux collectivités territoriales pour sécuriser l’équilibre financier global.

 

La mise en service de la ligne est prévue entre 2026 et 2028 selon les sources, les travaux devant s’achever dans les prochains mois pour permettre les phases de tests techniques et de formation des opérateurs.

 

La ligne est circulable à 160 km/h sur la section nouvelle, ce qui garantit des performances élevées et une régularité améliorée.

 

À terme, le projet prévoit 17 trains supplémentaires par jour, desservant des villes comme Amiens, Saint-Quentin, Compiègne et Creil, avec une liaison TGV directe sans passage par les grandes gares parisiennes.

 

Impact économique et attractivité : un levier de développement pour le nord-est du Val-d’Oise

 

Au-delà des simples gains de temps, la liaison Roissy-Picardie est perçue comme un véritable catalyseur de développement économique pour les territoires desservis.

 

En connectant le Val-d’Oise à un hub de mobilité mondial — l’aéroport Charles de Gaulle est le premier aéroport de France et l’un des premiers d’Europe —, la ligne renforce l’attractivité résidentielle et économique du département.

 

Les communes du nord-est, jusqu’ici enclavées, pourraient bénéficier d’un nouveau dynamisme, notamment par l’installation de nouvelles entreprises et l’arrivée de nouveaux actifs.

 

La gare de Survilliers-Fosses est appelée à devenir un véritable pôle d’échanges multimodal, connectant TER, TGV, RER D et liaisons locales.

 

SNCF Réseau anticipe un trafic de 3,7 à 4 millions de voyageurs par an sur cette ligne dès sa mise en service.

 

Pour le Département du Val-d’Oise, ce projet représente un atout stratégique complémentaire à ses propres investissements routiers : en combinant modernisation du réseau départemental et desserte ferroviaire à grande vitesse, le territoire se dote d’un système de mobilité intégré, résilient et orienté vers l’avenir.

 

Une politique de mobilité globale au service des Valdoisiens

 

L’engagement du Val-d’Oise sur le front des mobilités en 2026 est remarquable par son ampleur et sa cohérence.

 

D’un côté, les 46 millions d’euros consacrés aux routes permettent d’assurer le maintien en bon état d’un réseau essentiel au quotidien de centaines de milliers d’habitants, tout en intégrant les nouvelles exigences de sécurité et de durabilité — notamment via le plan Vélo.

 

De l’autre, le chantier de la liaison ferroviaire Roissy-Picardie, dont les travaux avancent concrètement sur le territoire valdoisien, représente la promesse d’une transformation en profondeur des déplacements entre l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

 

Ces deux axes — réseau routier rénové et connexion ferroviaire à grande vitesse — illustrent une vision globale de la mobilité portée par le Département : celle d’un territoire mieux connecté, plus sûr et plus accessible, capable d’attirer entreprises, habitants et investisseurs.

 

Alors que la pression financière sur les collectivités locales s’intensifie à l’échelle nationale, le Val-d’Oise fait le choix de l’investissement productif, convaincu que la mobilité est la condition première du développement économique et de la qualité de vie de ses habitants.

 

Val-d'Oise : 46 millions d'euros pour les routes en 2026 et accélération du projet ferroviaire Roissy-Picardie

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.