Face à l’envolée des coûts de l’énergie, la commune de Roissy-en-France, dans le Val-d’Oise, s’est engagée dans une stratégie de transition énergétique fondée sur l’énergie solaire.
En partenariat avec le SIGEIF — le Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France —, la municipalité a inauguré sa première ombrière photovoltaïque, installée au-dessus d’un parking public. Ce projet repose sur une logique simple mais efficace : transformer des surfaces imperméabilisées qui ne servaient à rien d’autre qu’à garer des voitures en véritables centrales de production d’électricité.
L’énergie produite est directement réinjectée pour alimenter les bâtiments publics de proximité. C’est un premier pas concret vers une commune moins dépendante des fluctuations du marché de l’énergie.
Des ombrières photovoltaïques sur les parkings : transformer l’inutile en utile
L’idée est à la fois simple et intelligente : installer des panneaux solaires au-dessus des parkings publics ou municipaux. Ces structures, appelées ombrières photovoltaïques, protègent les véhicules tout en produisant de l’électricité sur des surfaces qui étaient jusqu’ici entièrement passives.
Une inauguration en partenariat avec le SIGEIF pour lancer la dynamique
La commune a inauguré sa première ombrière en partenariat avec le SIGEIF (Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France).
Ce syndicat regroupe de nombreuses communes franciliennes et dispose d’une expertise reconnue dans le déploiement de solutions énergétiques locales.
Travailler avec le SIGEIF permet à Roissy-en-France de bénéficier d’un accompagnement technique et financier solide, sans avoir à supporter seule l’intégralité du montage administratif et financier d’un projet de ce type.
C’est aussi une façon de mutualiser les coûts entre communes membres du syndicat et d’accélérer le déploiement de ce type d’installations sur le territoire.
Des parkings publics reconvertis en centrales de production d’électricité
Les ombrières photovoltaïques sont installées principalement au-dessus des parkings publics ou municipaux.
Ces surfaces, souvent très étendues, présentent un avantage majeur pour l’installation de panneaux solaires : elles sont dégagées, sans ombrage, et orientées de façon à capter un maximum de rayonnement solaire.
En recouvrant ces espaces de structures équipées de panneaux, la commune réalise un double bénéfice : les véhicules sont à l’abri du soleil et des intempéries, et la surface imperméabilisée — qui ne contribuait en rien à la transition écologique — devient une source d’énergie renouvelable locale.
C’est une reconversion à très haute valeur ajoutée, sans nécessiter d’artificialiser de nouveaux terrains.
Une autoconsommation directe pour alléger la facture des bâtiments publics
L’électricité produite par les ombrières n’est pas revendue sur le réseau national : elle est consommée directement sur place, pour alimenter les écoles, les équipements sportifs et les services municipaux situés à proximité.
C’est ce qu’on appelle l’autoconsommation, et c’est l’un des modèles les plus rentables pour une commune.
Écoles, équipements sportifs et services municipaux alimentés en local
L’électricité produite par ces installations est directement réinjectée pour alimenter les bâtiments publics à proximité : écoles, équipements sportifs, services municipaux.
Ce modèle d’autoconsommation locale est particulièrement avantageux pour les communes. Il permet d’utiliser immédiatement l’énergie produite, sans passer par le réseau national et sans subir les pertes liées au transport de l’électricité sur de longues distances.
Pour Roissy-en-France, cela signifie que chaque kilowattheure produit sur le toit d’un parking est directement utilisé pour chauffer une salle de classe, éclairer un gymnase ou faire fonctionner les ordinateurs d’un service municipal.
Une protection concrète contre la volatilité des prix de l’énergie
L’un des avantages les plus concrets de cette stratégie est la protection contre la volatilité des prix de l’énergie. En produisant une part significative de sa propre électricité, la commune sécurise son budget de fonctionnement et réduit sa dépendance aux fluctuations des tarifs du marché.
Ces dernières années, les variations brutales des prix de l’énergie ont mis de nombreuses collectivités territoriales sous pression budgétaire sévère.
Pour Roissy-en-France, disposer de sa propre source de production locale, c’est se donner les moyens de lisser cette volatilité et de mieux prévoir ses dépenses énergétiques sur le long terme, indépendamment des crises géopolitiques ou des tensions sur les marchés de l’électricité.
Un potentiel solaire local bien réel et un financement rendu accessible
La région Île-de-France dispose d’un ensoleillement suffisant pour rendre les installations photovoltaïques pertinentes et rentables.
Des mécanismes de financement comme le tiers-investissement ou la syndicalisation via le SIGEIF permettent aux communes de se lancer sans avoir à mobiliser l’intégralité des fonds en avance.
1 700 heures d’ensoleillement par an en Île-de-France : un gisement solaire sous-exploité
L’Île-de-France bénéficie d’un gisement solaire moyen d’environ 1 700 heures d’ensoleillement par an.
Ce chiffre, souvent sous-estimé par ceux qui imaginent le solaire réservé aux régions méditerranéennes, est suffisant pour permettre à des installations bien dimensionnées de couvrir une part substantielle des consommations électriques hors chauffage d’une commune.
Pour Roissy-en-France, située dans la plaine du Val-d’Oise et sans obstruction majeure à l’ensoleillement, le potentiel de production est réel et mesurable.
Ce gisement solaire local est encore largement sous-exploité dans la grande majorité des communes franciliennes, ce qui laisse une marge de progression considérable pour les années à venir.
Le tiers-investissement et le SIGEIF pour financer sans mobiliser tout le budget communal
Le principal frein au déploiement du solaire dans les communes est souvent financier : une installation photovoltaïque sur parking représente un investissement initial important.
Pour y répondre, Roissy-en-France s’appuie sur les mécanismes de tiers-investissement et de syndicalisation via le SIGEIF. Le tiers-investissement permet à un opérateur extérieur de financer, installer et maintenir les équipements, la commune remboursant progressivement l’investissement grâce aux économies réalisées sur sa facture d’électricité.
La syndicalisation, quant à elle, permet de mutualiser les coûts et les compétences entre plusieurs communes membres du SIGEIF.
Ces deux mécanismes réduisent l’investissement direct initial porté par la commune, rendant le passage au solaire accessible même pour des municipalités aux budgets contraints, et ouvrant la voie à un déploiement progressif sur d’autres sites du territoire.




