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Tourisme : quel avenir après la fermeture du comité du tourisme du Val-de-Marne ?

La dissolution, au début de l’année 2026, de l’association Val-de-Marne Tourisme et Loisirs, qui portait historiquement les missions du Comité Départemental du Tourisme, marque un tournant important pour le département.

 

Cette décision, motivée par de fortes contraintes budgétaires et par la suppression de la subvention du Conseil départemental, laisse place à une réorganisation profonde de l’attractivité touristique du territoire.

 

Le secteur ne disparaît pas pour autant, mais se réorganise autour d’acteurs plus nombreux et de solutions plus numériques. 

 

Pourquoi cette structure a-t-elle fermé ses portes ?

 

Le Conseil départemental du Val-de-Marne a choisi de couper sa subvention historique à l’association, qui faisait vivre une douzaine de salariés.

 

Cette décision a aussitôt entraîné la fermeture de la structure, faute de ressources suffisantes pour continuer son activité.

 

Une décision justifiée par des contraintes budgétaires

 

Du côté de la collectivité, cette décision s’explique par une politique d’austérité et d’économies importantes, imposée notamment par la baisse des dotations versées par l’État.

 

Le Département a dû recentrer ses budgets sur ses compétences obligatoires, comme l’action sociale, les collèges ou l’entretien de la voirie, ce qui a rendu le maintien de cette subvention plus difficile à justifier.

 

Une décision contestée par plusieurs acteurs locaux

 

Cette fermeture n’a pas fait l’unanimité. L’opposition et plusieurs acteurs locaux ont rappelé que cette subvention était en grande partie adossée à la taxe additionnelle à la taxe de séjour, collectée auprès des hébergements du département.

 

Cette ressource avait été initialement prévue pour financer la promotion touristique, ce qui rend la suppression du financement d’autant plus contestée par ceux qui défendent l’ancienne structure.

 

Qui prend désormais en charge le tourisme dans le département ?

 

Le tourisme ne s’arrête pas dans le Val-de-Marne, mais sa gestion se fragmente et se déplace vers d’autres échelons, plus locaux ou au contraire plus larges.

 

La montée en puissance des intercommunalités

 

Ce sont désormais les Établissements Publics Territoriaux, comme Grand Paris Sud Est Avenir ou Paris Est Marne et Bois, qui récupèrent une charge plus importante dans l’animation locale et le soutien aux acteurs économiques du tourisme sur leur territoire.

 

Ces structures interviennent désormais plus directement auprès des professionnels du secteur, là où le comité départemental jouait auparavant ce rôle à l’échelle de tout le département.

 

L’appui de la Région et des offices de tourisme communaux

 

L’agence Choose Paris Region, l’agence d’attractivité internationale de la Région Île-de-France, ainsi que le Comité Régional du Tourisme, reprennent quant à eux le relais pour la promotion à grande échelle, notamment auprès des visiteurs étrangers.

 

À l’autre bout de la chaîne, les offices de tourisme communaux, comme ceux de Vincennes ou de Saint-Maur, restent en première ligne pour l’accueil de proximité des visiteurs sur le terrain.

 

Les grands défis du tourisme val-de-marnais pour les prochaines années

 

La disparition du comité départemental intervient à un moment un peu paradoxal, alors que le département dispose d’atouts et de projets structurants importants pour son tourisme.

 

Le tourisme lié à l’eau et l’arrivée du Grand Paris Express

 

L’avenir du Val-de-Marne repose en grande partie sur le tourisme lié à l’eau, c’est-à-dire les activités récréatives organisées autour des rivières.

 

Le département s’appuie sur la dynamique de reconquête des berges de la Seine et de la Marne, avec notamment la perspective de nouveaux sites de baignade après les Jeux Olympiques, ainsi que sur le développement du tourisme à vélo, avec des liaisons vers de grands itinéraires comme la Véloscénie ou la Scandibérique.

 

Dans le même temps, les nouvelles gares du Grand Paris Express, sur la ligne 14 prolongée et la ligne 15 Sud, modifient en profondeur l’accessibilité du territoire.

 

Le défi consiste à capter les visiteurs en transit depuis Orly ou Paris pour les inciter à consommer localement dans le département, plutôt que de simplement le traverser.

 

Des pôles culturels et gastronomiques à valoriser

 

L’animation touristique du département devra désormais s’articuler de manière plus autonome autour de plusieurs pôles majeurs, comme le secteur de Rungis et Orly, porté notamment par le Club Hôtelier de Rungis et le projet de future Cité de la Gastronomie, ou encore le tourisme d’affaires et de séminaires, très présent dans cette zone.

 

Le patrimoine historique, comme le château de Vincennes, et les loisirs culturels, comme le MAC VAL à Vitry ou les guinguettes le long de la Marne, restent également des atouts importants à mettre en avant.

 

Quels risques et quelles opportunités pour les prochaines années ?

 

Cette réorganisation comporte à la fois des risques pour les petits acteurs du tourisme et des opportunités pour repenser la façon de valoriser le territoire.

 

Les risques pour les petits acteurs du tourisme

 

  • Le risque principal : une perte de visibilité pour les petits prestataires locaux, comme les artisans, les passeurs de rives ou les associations de balades urbaines, qui n’ont plus de guichet unique pour mutualiser leur communication et leurs réservations, comme le faisait auparavant la plateforme web historique du tourisme en Val-de-Marne.

 

  • L’opportunité : un basculement vers un tourisme plus axé sur la micro-aventure et les petites sorties de proximité, géré plus directement à l’échelle des communes et des intercommunalités, et donc potentiellement plus proche des attentes des Franciliens eux-mêmes.

 

Le transfert des missions vers le groupement Explore Paris

 

Pour éviter un affaiblissement trop important de sa visibilité, le Département mise sur un transfert de ses activités vers le groupement d’intérêt économique Explore Paris.

 

Cette plateforme de réservation centralise déjà la promotion des offres culturelles, des balades et des loisirs à l’échelle du Grand Paris, ce qui pourrait assurer une certaine continuité pour les visiteurs.

 

Ce modèle nécessite toutefois de redéfinir clairement les modalités de financement et de gouvernance, afin que le Val-de-Marne conserve une place de choix face aux autres territoires franciliens également présents sur la plateforme.

 

Vers un tourisme plus expérientiel, durable et de proximité

 

Face à cette crise du tourisme institutionnel, la valorisation du territoire doit se réinventer.

 

L’avenir du tourisme local passe par la mise en avant de petites aventures accessibles, du tourisme fluvial et du patrimoine industriel du département, avec un accompagnement renforcé des acteurs privés locaux, comme les hébergeurs, les restaurateurs ou les artisans, pour assurer leur pérennité économique.

 

Les enjeux environnementaux sont également de plus en plus intégrés dans les stratégies touristiques de la petite couronne parisienne, avec un accent mis sur les itinéraires cyclables, notamment le long de la Marne et de la Seine, sur les transports en commun, et sur des offres plus respectueuses de l’environnement, fondées sur les circuits courts.

 

Tourisme dans le Val-de-Marne : quel avenir après la fermeture du comité ?

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.