Adoptée par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine le 3 juillet 2026, la Stratégie Nature 2026-2030 constitue l’Acte II de la politique environnementale du Département.
Elle prolonge la première feuille de route menée entre 2021 et 2025, en renforçant l’ambition d’aménagement durable, de lutte contre les îlots de chaleur et d’accessibilité des espaces verts pour les habitants du département.
Ce nouveau texte s’organise autour de cinq grands axes stratégiques, qui doivent guider l’action du Département jusqu’en 2030.
Il fixe à la fois des objectifs chiffrés, comme la surface d’espaces naturels à créer, et des orientations plus larges sur la manière de penser la nature en ville dans les années à venir.
Verdir les zones denses et structurer un réseau de nature
Les deux premiers axes de la stratégie visent à multiplier les espaces verts et à les relier entre eux à l’échelle du département.
Plus de nature dans les quartiers les plus denses
Le premier axe vise à renforcer la présence végétale dans les zones les plus denses du territoire.
Cela passe par l’aménagement de nouveaux parcs et jardins publics, ainsi que d’îlots de fraîcheur de proximité, à l’image des parcs créés à la suite de la Roseraie à Châtenay-Malabry ou du parc Gauthier-Mougin à Boulogne-Billancourt.
Le Département prévoit aussi une végétalisation et une requalification des paysages urbains dégradés ou bétonnés, afin de réduire les fractures territoriales entre le nord et le sud du département.
Cet axe prévoit enfin la création de 20 hectares d’Espaces Naturels Sensibles supplémentaires, pour atteindre un total de 658 hectares d’ici 2030.
Un archipel vert relié par des promenades
Le deuxième axe consiste à structurer un véritable réseau de nature, parfois appelé archipel vert.
Il s’agit de connecter les grands parcs départementaux, comme ceux des Chanteraines, de la Vallée-aux-Loups ou Henri-Sellier, ainsi que les forêts, les berges de Seine et les cœurs de ville, afin de faciliter le déplacement de la faune et de la flore sur l’ensemble du territoire.
Ce maillage s’appuie sur la poursuite du déploiement de la Promenade verte et du Parc Bleu de Seine, qui doivent être reliés aux réseaux de transports et aux gares du département, pour que les habitants puissent eux aussi profiter facilement de ces espaces.
Cette logique de réseau doit permettre d’éviter que les espaces naturels restent isolés les uns des autres, comme c’était souvent le cas jusqu’ici.
Une politique départementale de l’arbre renforcée
Le troisième axe de la stratégie place l’arbre au cœur de l’action du Département, à la fois pour sa protection et pour sa valorisation.
Plus de plantations et une meilleure protection du patrimoine arboré
Cet axe prévoit une amplification des plantations, avec une protection renforcée du patrimoine arboré déjà existant et une augmentation des programmes de plantation d’arbres, aussi bien en milieu urbain que le long des voiries départementales.
Cette orientation vient compléter les objectifs chiffrés de plantation déjà annoncés par ailleurs, en insistant cette fois sur la nécessité de préserver les arbres anciens autant que d’en planter de nouveaux.
Identifier, valoriser et partager les bonnes pratiques
Le Département souhaite aussi mieux valoriser certains arbres, en identifiant les arbres remarquables du territoire et en nouant des partenariats avec l’association A.R.B.R.E.S.
Un travail de mise en réseau professionnel est également prévu, avec la diffusion et le partage d’un Guide de l’arbre à destination des communes et des aménageurs du territoire, afin d’harmoniser les bonnes pratiques sur l’ensemble des Hauts-de-Seine.
Adapter la nature au climat et impliquer les habitants
Les deux derniers axes de la stratégie portent sur l’adaptation au changement climatique et sur la place donnée aux habitants dans cette démarche.
Des espaces naturels pensés pour résister au changement climatique
Le quatrième axe vise à adapter les espaces de nature au changement climatique.
Le Département veut développer des parcs plus sobres et plus autonomes en eau et en énergie, tout en préservant les ressources en eau disponibles et en désimperméabilisant certains sols pour mieux gérer les pluies intenses.
Cet axe prévoit aussi une meilleure résilience écologique, avec la sélection d’espèces végétales mieux adaptées aux sécheresses et aux canicules à venir, afin de garantir la pérennité de la biodiversité locale sur le long terme.
Cette anticipation doit permettre aux parcs et jardins du département de rester agréables et vivants, même lors des étés les plus chauds.
Faire de la nature un sujet partagé avec les habitants
Le cinquième et dernier axe porte sur la sensibilisation, l’éducation et l’idée de bien commun.
Le Département souhaite renforcer l’éducation à l’environnement dans les collèges du territoire et organiser des événements thématiques autour du patrimoine végétal, pour impliquer davantage les jeunes habitants.
Cet axe prévoit également un pacte territorial, fondé sur une démarche de concertation et de co-construction avec les communes et les acteurs socio-économiques locaux, afin que cette stratégie ne soit pas uniquement pilotée depuis le Département, mais construite avec l’ensemble des acteurs du territoire.




