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Budget 2026 : Cergy-Pontoise maintient un niveau d’investissement élevé malgré un contexte contraint

Malgré une situation alarmante des finances publiques nationales et des contraintes inédites pesant sur les collectivités territoriales, la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) maintient une dynamique budgétaire volontariste en 2026.

 

Avec un budget global équilibré à 210,8 millions d’euros — dont 98,8 millions d’euros consacrés à l’investissement, un niveau historiquement élevé pour l’agglomération —, la CACP préserve la qualité de vie des Cergypontains et poursuit ses ambitions en matière de transition écologique, de mobilité et de développement territorial.

 

Fait remarquable dans un contexte de pression fiscale généralisée : aucune augmentation des taxes intercommunales n’a été votée pour cette année, témoignant d’une gestion rigoureuse au service du pouvoir d’achat des habitants.

 

Un budget sous double pression : pertes fiscales et coûts structurels en hausse

 

L’élaboration du budget 2026 s’est faite dans un environnement macroéconomique particulièrement difficile, marqué par les exigences de redressement imposées par l’État aux collectivités et par des pertes fiscales cumulées significatives, que la CACP a dû absorber sans répercuter sur les contribuables locaux.

 

  • 14 millions d’euros de pertes fiscales liées à la réforme de la CVAE

 

L’agglomération de Cergy-Pontoise enregistre une perte cumulée de 14 millions d’euros entre 2023 et 2026, résultant directement de la réforme de la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises) et de sa compensation partielle par la TVA.

 

Cette réforme nationale, imposée sans concertation suffisante avec les élus locaux, prive l’agglomération de ressources fiscales stables qu’elle percevait directement des entreprises du territoire.

 

À cette perte structurelle s’ajoute le coup de vis national : les orientations financières de la CACP ont dû tenir compte des efforts demandés par l’État aux collectivités territoriales pour le redressement des finances publiques, réduisant considérablement les marges de manœuvre budgétaires disponibles.

 

  • L’inflation des matières premières et la hausse de l’énergie : des coûts structurels persistants

 

Au-delà des pertes fiscales, la CACP doit faire face à des coûts structurels en forte hausse qui pèsent directement sur ses dépenses de gestion courante : inflation des coûts des matières premières et hausses structurelles des prix de l’énergie.

 

Pour absorber ces chocs sans dégrader les services aux habitants ni augmenter la fiscalité, l’exécutif local a imposé une progression modérée des frais de fonctionnement et le report ciblé de certaines opérations jugées non prioritaires.

 

C’est cette discipline de fer sur les dépenses courantes qui a permis de sanctuariser près de 99 millions d’euros d’investissements malgré ces contraintes, pour la quatrième année consécutive.

 

Les trois piliers de la stratégie financière : zéro hausse fiscale, gestion prudente et maîtrise de la dette

 

Face à cet environnement contraint, la CACP a structuré sa réponse budgétaire autour de trois engagements clairs et complémentaires : la préservation du pouvoir d’achat des contribuables, la discipline sur les dépenses de fonctionnement et le maintien d’une capacité d’autofinancement solide pour limiter le recours à l’emprunt.

 

  • Zéro hausse fiscale : taxes foncières, GEMAPI et TEOM gelées pour 2026

 

Fait marquant pour les contribuables et les entreprises locales, le budget 2026 est voté sans aucune augmentation des taux d’imposition pour la part intercommunale.

 

Sont ainsi gelées pour l’année : les taxes foncières, la taxe GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et la TEOM (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères).

 

Cet engagement de stabilité fiscale, tenu pour la quatrième année consécutive avec son « budget vert » ciblant la transition écologique, envoie un signal fort aux ménages et aux entreprises du territoire : la CACP refuse de faire porter le coût de la crise nationale sur les acteurs économiques locaux.

 

  • Épargne brute de 27,9 millions d’euros et dette maîtrisée : les garde-fous de l’équilibre financier

 

Pour éviter la fuite en avant par l’endettement, la CACP s’adosse à son pacte financier et fiscal 2022-2026. Son épargne brute s’élève à 27,9 millions d’euros, ce qui lui permet de maintenir une capacité d’autofinancement solide de 20 % et de limiter le recours aux banques.

 

L’emprunt d’équilibre est fixé à 39,1 millions d’euros pour l’année.

 

L’encours de la dette de l’agglomération est plafonné à 251,9 millions d’euros à fin 2026, avec une capacité de désendettement maintenue sous contrôle, évaluée à un maximum de 9,02 ans dans le scénario théorique d’une consommation de 100 % des crédits disponibles.

 

Des investissements ciblés sur la transition écologique, la démographie et les communes membres

 

Les 98,8 millions d’euros d’investissements ne sont pas saupoudrés : ils sont fléchés vers des priorités stratégiques clairement définies — soutien aux communes, accueil des nouvelles populations, transition écologique et mobilités douces — avec le renfort décisif du Département du Val-d’Oise et de la Région Île-de-France.

 

  • 12,7 millions d’euros pour les communes et 9,8 millions d’euros pour l’accueil des nouvelles populations

 

L’agglomération sanctuarise son aide de proximité en fléchant 12,7 millions d’euros de crédits d’équipement aux communes membres de l’intercommunalité, garantissant que les projets locaux de chaque ville du territoire peuvent se poursuivre sans rupture.

 

Une enveloppe spécifique de 9,8 millions d’euros est par ailleurs allouée au financement des opérations liées à la dynamique démographique du territoire : équipements publics, infrastructures scolaires et services de proximité nécessaires pour accueillir dans de bonnes conditions les nouvelles populations qui s’installent à Cergy-Pontoise, territoire qui continue d’attirer de nouveaux habitants grâce à son attractivité résidentielle et économique.

 

  • Transition écologique, mobilités et soutien renforcé du Département et de la Région

 

Une part majeure de l’enveloppe d’investissement continue d’être orientée vers la décarbonation, l’entretien des infrastructures de transport — réseau de bus, pistes cyclables — et la préservation du cadre de vie durable propre à l’Écomptée Ville Nouvelle.

 

À l’échelle de la ville de Cergy, l’enveloppe d’investissement dédiée aux grands projets urbains et à la requalification des espaces publics s’élève à 25 millions d’euros.

 

Pour amortir les chocs macroéconomiques, les collectivités territoriales viennent en appui : le Département du Val-d’Oise injecte 200 millions d’euros d’investissements soutenant prioritairement les collèges, les mobilités et un fonds d’équipement de proximité, tandis que la Région Île-de-France maintient ses engagements pour les transports et le développement du territoire, malgré une baisse significative de ses recettes fiscales confisquées par l’État.

Budget 2026 : Cergy-Pontoise investit sans augmenter les impôts

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.