Reekom est en train de transformer le marché de la seconde main entre entreprises, en faisant passer le re-commerce d’un traitement artisanal à une échelle vraiment industrielle.
Fondée en 2022 par Guillaume Perret du Cray et basée à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, cette start-up française propose aux marques de revaloriser leurs produits d’occasion — vêtements, chaussures, mobilier — en moins de 30 jours.
Reekom s’est récemment fait remarquer en remportant le prix de l’Entreprise de l’Année, décerné par la CCI Paris Île-de-France.
Un succès qui récompense un modèle à la fois écologique, industriel et profondément ancré dans son territoire.
Un outil industriel unique en France pour traiter la seconde main à grande échelle
Basée à La Courneuve, Reekom exploite le plus grand centre de revalorisation de ce type en France.
L’entreprise y traite chaque mois des milliers d’articles pour le compte de grandes marques et de plateformes de re-commerce, avec une capacité prévue pour grandir encore davantage.
30 000 pièces traitées par mois, avec une capacité pouvant tripler
Le site de Reekom s’étend sur 3 500 m², ce qui en fait le plus grand complexe de ce type en France.
L’entreprise y traite actuellement près de 30 000 pièces par mois, avec une infrastructure dimensionnée pour monter à court terme jusqu’à 100 000 pièces mensuelles.
Parmi les marques et plateformes qui font confiance à Reekom figurent Bonne Gueule, Ba&sh, Zadig & Voltaire, Agnès B, Paradigme, ou encore la CAMIF.
Cette diversité de partenaires montre que le re-commerce industriel intéresse aujourd’hui aussi bien les marques de mode que celles spécialisées dans l’ameublement et la maison.
Des produits remis sur le marché en moins de 30 jours
Initialement concentrée sur le textile, la maroquinerie et la chaussure, Reekom a depuis élargi son expertise au mobilier, aux matelas et à la décoration.
Quel que soit le type de produit, la promesse reste la même : les articles — retours clients, invendus, prototypes ou collectes de seconde main — sont audités, remis à neuf et remis sur le marché en moins de 30 jours.
Cette rapidité garantit aux marques un retour de marge important, estimé jusqu’à 85 % par unité. Pour une marque, c’est une façon concrète de transformer un produit qui aurait pu finir détruit ou stocké inutilement en une nouvelle source de revenus.
Une chaîne de traitement automatisée en six étapes pour rendre le re-commerce rentable
Le principal défi du secteur de la seconde main est sa rentabilité. Pour y répondre, Reekom a standardisé et numérisé chaque étape de son processus, de la collecte des produits jusqu’à leur remise en vente, en passant par la réparation et la photographie.
De la collecte à la revalorisation : un savoir-faire technique pointu
Le processus commence par la collecte et la réception : les flux de seconde main ou les invendus sont centralisés via des transports mutualisés.
Vient ensuite l’inspection et la qualification, où des opérateurs contrôlent rigoureusement la qualité de chaque produit selon le cahier des charges propre à chaque marque, afin de déterminer le circuit de revalorisation le plus adapté.
Le cœur du processus reste la revalorisation, qui repose sur des équipements de pointe comme des cintres à vapeur automatiques pour défroisser et sécher les vêtements à haute cadence, combinés à des pôles d’expertise spécialisés en blanchisserie certifiée Oeko-Tex, cordonnerie et réparation de mailles.
Photo, stockage et suivi numérique : trois étapes pour boucler le cycle
Une fois remis à neuf, chaque produit passe par un shooting photo intégré, avec une prise de vue automatisée — à plat, sur cintre ou à 360° — réalisée directement dans le studio de Reekom, pour réinjecter immédiatement les articles sur les sites de vente en ligne des marques.
Vient ensuite le stockage et le re-packaging, avec un conditionnement éco-responsable utilisant des rayonnages en carton recyclé.
Enfin, un suivi et un pilotage par la donnée assurent une traçabilité totale grâce à des outils numériques qui attribuent une identité unique à chaque produit et mesurent l’impact environnemental, notamment les tonnes de CO₂ économisées tout au long du processus.
L’acquisition de Tilli et un impact social fort ancré en Seine-Saint-Denis
Reekom ne se contente pas d’industrialiser la seconde main. En rachetant la start-up Tilli, elle renforce son savoir-faire en réparation textile.
Et en installant son usine au cœur de la Seine-Saint-Denis, elle fait de la transition écologique un véritable levier d’inclusion sociale et de création d’emplois locaux.
L’acquisition stratégique de Tilli : allier l’artisanat et l’industrie
Fin 2025, Reekom a franchi une étape majeure en rachetant Tilli, la start-up pionnière du Care & Repair — réparation et retouche textile à domicile et en point de vente.
Ce rapprochement permet à Reekom d’unifier deux mondes complémentaires : l’ancrage de proximité de Tilli, qui collabore déjà avec des marques comme Zara ou American Vintage, et la puissance logistique de Reekom.
Les ateliers parisiens de Tilli ont été intégrés au site industriel de La Courneuve pour centraliser les réparations lourdes, tout en conservant le réseau d’artisans indépendants pour le soin plus local et de proximité.
« Donner une seconde vie aux objets et une seconde chance aux Hommes »
L’industrialisation menée par Reekom repose sur une forte dimension d’Économie Sociale et Solidaire.
En implantant son usine au cœur de la Seine-Saint-Denis, la start-up fait de la transition écologique un levier d’inclusion sociale, selon sa propre philosophie : « Donner une seconde vie aux objets et une seconde chance aux Hommes ».
L’entreprise recrute et forme en interne des profils éloignés de l’emploi. Face à la pénurie de main-d’œuvre sur les métiers de la maroquinerie, de la couture et de la cordonnerie en France, Reekom recrée de véritables filières locales, en partenariat avec des centres de formation franciliens.
Pour soutenir cette croissance, Reekom a levé 4,5 millions d’euros afin de développer un grand centre de revalorisation et poursuivre son expansion sur le territoire.




