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Cergy-Pontoise mise 15 millions d’euros pour sauver le site industriel Brandt à Saint-Ouen-l’Aumône

À la suite de la liquidation judiciaire du fleuron de l’électroménager Brandt, prononcée fin 2025, le territoire de Cergy-Pontoise s’est mobilisé pour ne pas laisser mourir une activité locale historique.

 

L’agglomération de Cergy-Pontoise et la région Île-de-France ont ainsi engagé 15 millions d’euros via la Semavo pour tenter de sauver le site de Saint-Ouen-l’Aumône, qui servait historiquement de centre logistique et de service après-vente (SAV) pour le groupe.

 

Si le tribunal a finalement acté la liquidation de l’entreprise en retenant une offre partielle, ce dossier marque un tournant pour l’avenir de l’un des anciens fleurons industriels français et illustre la détermination des élus val-d’oisiens à préserver le tissu industriel et l’emploi sur leur territoire.

 

Un plan de financement public-privé inédit pour sanctuariser le foncier industriel

 

Au cœur du projet de sauvetage, un effort financier de 15 millions d’euros porté par un partenariat public-privé inédit, dont l’objectif premier est de racheter les murs et le foncier du site pour garantir son maintien à vocation industrielle et empêcher toute cession à des promoteurs immobiliers.

 

  • La Semavo, bras armé de l’agglomération pour sécuriser les six hectares du site

 

L’opération repose sur la Semavo (Société d’économie mixte d’aménagement du Val-d’Oise), largement appuyée par le Département et l’Agglomération de Cergy-Pontoise.

 

Sa mission : racheter les murs et le foncier du site de Saint-Ouen-l’Aumône, qui s’étend sur environ six hectares.

 

En portant ce foncier stratégique, la Semavo garantit que le terrain restera à vocation industrielle et ne sera pas cédé à des promoteurs immobiliers qui auraient pu le transformer en logements ou en surfaces commerciales, effaçant définitivement toute trace d’activité productive sur ce site historique.

 

Cette sanctuarisation du foncier est la condition sine qua non de tout projet de relance industrielle crédible.

 

  • Joseph Francis, partenaire privé pour porter le projet de relance économique

 

Pour compléter le volet public, l’investisseur et industriel Joseph Francis s’associe à l’opération en qualité de partenaire privé, apportant à la fois des capitaux et une vision stratégique pour le redémarrage du site.

 

Ce montage public-privé constitue une réponse pragmatique à l’urgence de la situation : face à la liquidation judiciaire, seule une alliance entre la puissance publique locale — capable d’agir vite sur le foncier — et un opérateur privé disposant de l’expertise industrielle nécessaire pouvait offrir des garanties suffisantes pour convaincre les arbitrages judiciaires.

 

Le dossier suit son cours auprès des juridictions compétentes, avec le soutien affiché de l’agglomération et l’étude d’un accompagnement complémentaire de la Région Île-de-France.

 

Du SAV à la production premium : une stratégie de rupture pour éviter les erreurs du passé

 

Le projet ne se contente pas de rouvrir les anciens bureaux du SAV Brandt : il ambitionne une transformation radicale de la nature et du positionnement du site, en tournant le dos au bas de gamme pour embrasser résolument la production d’électroménager haut de gamme avec une forte composante R&D.

 

  • Un changement de cap stratégique pour rompre avec la guerre des prix

 

Le diagnostic posé par les porteurs du projet est lucide : c’est précisément la guerre des prix sur le bas de gamme, exacerbée par la concurrence internationale, qui a causé la perte de Brandt.

 

La nouvelle stratégie prend donc le contre-pied historique en réorientant l’activité vers la production et l’assemblage d’électroménager haut de gamme, axés sur le design, l’ergonomie et une forte composante de Recherche & Développement (R&D).

 

Ce repositionnement sur les segments premium, moins exposés à la pression tarifaire des fabricants asiatiques, vise à reconstruire une proposition de valeur différenciante et défendable sur le long terme, en s’appuyant sur le savoir-faire industriel français et l’image de marque historique de Brandt.

 

  • Un contexte national de reprise : le plan à 25 millions d’euros pour l’usine d’Orléans

 

Le projet de Saint-Ouen-l’Aumône s’inscrit dans un contexte plus large de tentatives de sauvetage de la marque Brandt à l’échelle nationale.

 

Fin décembre 2025, l’homme d’affaires Stéphan Français, patron de Thomson Computing, a de son côté proposé un plan de 25 millions d’euros pour relancer l’usine historique de production de Brandt à Orléans.

 

Ces deux initiatives parallèles témoignent d’une volonté partagée de plusieurs acteurs économiques de ne pas laisser disparaître définitivement ce patrimoine industriel français, en cherchant à préserver simultanément les sites de production et les emplois associés dans plusieurs régions.

 

L’emploi au cœur du projet : une réintégration progressive vers 195 salariés

 

Au-delà des enjeux fonciers et stratégiques, la dimension sociale du projet est centrale : le redémarrage industriel du site prévoit une montée en charge progressive des effectifs, en privilégiant la réembauche des anciens salariés de Brandt dans un premier temps.

 

  • Étape 1 : la réembauche immédiate de 85 collaborateurs, prioritairement d’anciens salariés

 

Le volet social du plan de relance prévoit dans un premier temps la réembauche d’environ 85 collaborateurs dès le redémarrage de l’activité, en ciblant prioritairement les anciens salariés du site de Saint-Ouen-l’Aumône.

 

Cette approche répond à une double logique : d’une part, capitaliser sur les compétences et le savoir-faire déjà présents localement, évitant ainsi de longues périodes de recrutement et de formation ; d’autre part, honorer un engagement moral fort envers les travailleurs qui ont été directement victimes de la liquidation judiciaire du groupe.

 

La préservation du lien social et de l’expertise ouvrière constitue un pilier incontournable de la crédibilité du projet aux yeux des partenaires institutionnels.

 

  • Étape 2 : une montée en charge vers 195 personnes au rythme du déploiement premium

 

Dans un second temps, le plan prévoit une montée en charge progressive pour atteindre un effectif de près de 195 personnes à mesure que les lignes de production premium se déploieront sur le site.

 

Cette progression graduelle, conditionnée au développement effectif des nouvelles gammes haut de gamme et à la montée en puissance de la composante R&D, permettra d’adapter le rythme des recrutements aux réalités industrielles et commerciales du projet.

 

Si cette trajectoire se concrétise, le site de Saint-Ouen-l’Aumône pourrait ainsi redevenir l’un des principaux employeurs industriels du territoire de Cergy-Pontoise, confirmant la pertinence et l’urgence de la mobilisation des acteurs publics locaux.

 

Brandt : 15 M€ investis pour relancer le site de Saint-Ouen-l'Aumône

Nathan ROTHMAN

Passionné par l’entreprenariat, j’ai accompagné de nombreux entrepreneurs dans le parcours de création d’entreprise pendant plus de 10 ans. J’ai monté de nombreuses startups à succès et souhaite me concentrer dans le développement et l’expérience utilisateur au sein des Tricolores.
Les Tricolores est une société numéro 1 de la domiciliation à Paris et dans toute la France ainsi que les formalités juridiques.