Bonneuil-sur-Marne s’impose comme une ville pionnière de la transition énergétique en Île-de-France.
Depuis 1985, la commune a fait le choix de la géothermie profonde pour chauffer ses habitants.
Aujourd’hui, elle accélère cette dynamique en développant un nouveau puits de géothermie et en étendant son réseau de chaleur urbain.
Soutenue par l’ADEME, cette infrastructure locale porte déjà le mix énergétique de la ville à plus de 85 % d’énergies renouvelables.
Résultat : une baisse notable des émissions de gaz à effet de serre et des factures de chauffage plus légères pour les abonnés.
Ce projet illustre concrètement ce que peut faire une commune qui décide de prendre en main sa propre production d’énergie.
Un réseau de chaleur géothermique qui couvre déjà l’essentiel des besoins de la ville
Le réseau de chaleur de Bonneuil-sur-Marne est géré par le SETBO, un syndicat mixte qui réunit la municipalité et les bailleurs sociaux.
Ses chiffres parlent d’eux-mêmes : il dessert des milliers de logements et couvre la quasi-totalité des besoins en chauffage grâce à une énergie puisée directement dans le sous-sol.
4 700 logements alimentés et jusqu’à 94 % des besoins couverts en énergie renouvelable
Le réseau de chaleur géré par le SETBO (Syndicat Mixte pour la Production et la Distribution de Chaleur à Bonneuil-sur-Marne) dessert aujourd’hui environ 4 700 équivalents-logements à travers près de 60 sous-stations.
La géothermie couvre à elle seule entre 85 % et 94 % des besoins annuels en chaleur des abonnés. Seules les périodes de grand froid nécessitent un appoint au gaz.
Au total, le dispositif produit environ 40 000 MWh par an, ce qui permet d’économiser l’équivalent de 10 000 MWh de gaz et d’éviter l’émission de plus de 8 000 tonnes de CO₂ par an.
Des chiffres concrets qui montrent l’impact réel de cette énergie locale sur le bilan environnemental de la ville.
Des logements sociaux, des écoles et des équipements sportifs raccordés au réseau
Le réseau ne chauffe pas seulement les logements sociaux et les copropriétés.
Il alimente aussi une grande partie des équipements publics de la ville : cinq groupes scolaires, la médiathèque Bernard-Yvanne et trois complexes sportifs, dont la piscine municipale Marcel-Dumesnil.
Cela signifie que les habitants de Bonneuil profitent au quotidien d’une énergie renouvelable locale, que ce soit chez eux, à l’école ou à la piscine.
Ce maillage large du territoire est l’un des points forts du modèle développé par la commune depuis plus de quarante ans.
Un nouveau puits de géothermie pour moderniser et renforcer le réseau
Pour faire face au renouvellement urbain et à la construction de plus de 750 nouveaux logements, le SETBO a lancé un chantier majeur : forer un nouveau puits de production plus performant, avec le soutien financier de l’État via l’ADEME.
Le défi technique : une eau très chaude mais aussi très corrosive dans le sous-sol
La géothermie de Bonneuil puise l’eau chaude dans la nappe géothermique du Dogger, un aquifère situé à grande profondeur dont l’eau ressort à environ 79°C.
C’est une ressource précieuse, mais elle a un défaut : cette eau est fortement salée (environ 22 g/l) et très corrosive. Elle use donc prématurément les installations.
C’est pour répondre à ce problème que le SETBO a décidé d’abandonner l’ancien puits de production défaillant et de le remplacer par un nouveau puits de production innovant.
Ce forage, couplé à un puits d’injection qui réinjecte l’eau refroidie à 35°C dans la nappe pour préserver la ressource, forme un doublet géothermique d’une puissance thermique maximale de 12,3 MW.
Un financement de plus de 8,6 millions d’euros avec le soutien de l’ADEME
Ce chantier de modernisation représente un investissement évalué à plus de 8,6 millions d’euros pour cette phase. Un projet de cette taille nécessite des soutiens solides.
L’État est au rendez-vous via le Fonds Chaleur de l’ADEME Île-de-France, qui a apporté une aide de près de 600 000 €.
Ce soutien public est essentiel pour permettre aux collectivités de mener des projets d’infrastructure énergétique ambitieux, qui demandent des investissements lourds mais dont les bénéfices se font sentir sur le long terme, à la fois pour les finances des habitants et pour l’environnement.
L’Île-de-France est d’ailleurs la première région française pour la géothermie profonde, et Bonneuil-sur-Marne en est l’un des meilleurs exemples.
Des bénéfices concrets pour les habitants et un projet d’extension vers les communes voisines
Au-delà des chiffres techniques, ce projet a des effets directs sur la vie des habitants : des factures de chauffage plus basses et une indépendance vis-à-vis des prix du gaz.
La ville envisage même d’étendre son réseau à d’autres communes pour amplifier ces bénéfices à l’échelle de l’Est francilien.
Moins 8 % sur les tarifs de chaleur et une protection contre la hausse des prix de l’énergie
L’un des avantages les plus concrets de la géothermie est sa déconnexion totale des marchés mondiaux des énergies fossiles.
Quand le prix du gaz monte, les abonnés au réseau géothermique de Bonneuil ne sont pas touchés. En exploitant une ressource locale et stable, la ville parvient à maîtriser ses coûts de fonctionnement.
La modernisation du réseau a même permis d’enregistrer une baisse de près de 8 % sur les tarifs de vente de chaleur à ses abonnés.
C’est un avantage direct et mesurable pour les habitants, en particulier pour les ménages les plus modestes qui habitent dans les logements sociaux raccordés au réseau.
Combinée à une économie d’environ 20 % sur la facture de chauffage par rapport au gaz, la géothermie constitue un vrai bouclier tarifaire contre la précarité énergétique.
Une extension vers Boissy-Saint-Léger et Limeil-Brévannes pour un impact régional
Forte de la réussite de son modèle, Bonneuil-sur-Marne ne s’arrête pas là. La ville étudie l’extension et le raccordement de son réseau de chaleur vers les communes voisines, notamment Boissy-Saint-Léger et Limeil-Brévannes.
Ce projet d’extension s’inscrit dans les ambitions régionales de décarbonation de l’Est francilien.
En partageant son infrastructure et son savoir-faire avec d’autres communes, Bonneuil peut contribuer à réduire les émissions de CO₂ bien au-delà de ses propres frontières.
C’est une vision à la fois locale et régionale : une ville qui prend soin de ses habitants aujourd’hui, tout en travaillant à un avenir énergétique plus propre pour tout un territoire.




