Deux mois après un premier rassemblement local réunissant des milliers de personnes sur le parvis de l’hôtel de ville de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le maire LFI de la ville, élu le 15 mars dernier au premier tour à la tête de la deuxième plus grande commune d’Île-de-France, a lancé le samedi 2 mai sur ses réseaux sociaux un appel à une « grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination » pour le dimanche 21 juin, jour de la traditionnelle Fête de la musique.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu, marqué depuis son élection par des propos polémiques visant directement sa personne et ayant conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Le 21 juin, jour de la Fête de la musique : Bally Bagayoko choisit une date symbolique pour une grande marche nationale
En fixant la marche au 21 juin, jour de la Fête de la musique, Bally Bagayoko cherche à combiner deux symboles forts : la fête populaire et le rassemblement citoyen.
La date, choisie après concertation avec des organisations partenaires, vise à maximiser la mobilisation en attirant le plus grand nombre autour d’un moment d’expression collective contre le racisme.
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Du 3 mai au 21 juin : un calendrier repensé pour construire le rassemblement le plus large possible
La date du 21 juin n’était pas celle initialement envisagée. Le 3 mai avait d’abord été imaginé, mais après discussion avec un certain nombre d’organisations et dans l’idée de faire de ce moment un rassemblement le plus large possible, la date du 21 juin a été jugée plus pertinente.
Ce report traduit une volonté stratégique : donner le temps à un maximum d’acteurs — collectifs antiracistes, syndicats, associations, organisations politiques, de jeunesse et universitaires — de s’organiser et de rejoindre le mouvement.
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Un appel ouvert à tous les citoyens : de la liberté, l’égalité et la fraternité comme socle commun
Dans son appel publié sur Instagram, Bally Bagayoko s’adresse à toutes celles et ceux qui refusent de renoncer face à la montée du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie, de la négrophobie et de toutes les formes de haine.
Il convie les citoyens attachés à la liberté, l’égalité et la fraternité, les collectifs féministes et LGBTQI+, les sportifs et intellectuels engagés pour la paix, ainsi que les habitants des quartiers populaires et des campagnes.
Son message est clair : face à la progression des idées d’extrême droite et des discours de division, « il n’y a pas de place pour l’indifférence ».
Un contexte tendu depuis l’élection : propos polémiques, enquête judiciaire et soutien de Macron
Cet appel à la marche intervient dans un contexte très chargé pour Bally Bagayoko.
Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis, l’édile est la cible de déclarations polémiques et jugées racistes, au point que le parquet de Paris a ouvert une enquête et que le président de la République lui-même lui a apporté son soutien.
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CNews, Michel Onfray et le parquet de Paris : les déclarations polémiques qui ont déclenché une enquête judiciaire
Depuis son élection, Bally Bagayoko est la cible de propos polémiques et jugés racistes, notamment tenus sur le plateau de CNews les 27 et 28 mars par un psychologue, puis par l’essayiste Michel Onfray.
Ces déclarations ont conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion.
Cette procédure judiciaire illustre la gravité des faits dénoncés et leur résonance nationale, bien au-delà des frontières de Saint-Denis.
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Le soutien d’Emmanuel Macron le 14 avril : un geste présidentiel fort lors de la visite annuelle à Saint-Denis
Le président Emmanuel Macron a apporté son soutien à Bally Bagayoko le 14 avril, lors de sa visite annuelle à Saint-Denis.
Ce geste présidentiel, intervenant dans un contexte de polémique nationale, a eu un écho considérable et a contribué à amplifier la visibilité de la situation du maire dionysien.
Ce soutien de l’Élysée traduit la reconnaissance du caractère inacceptable des attaques dont est victime l’élu, quel que soit le clivage politique.
Après la mobilisation historique du 4 avril : Saint-Denis, territoire pionnier de la lutte antiraciste
L’appel du 21 juin s’inscrit dans la continuité directe du rassemblement du 4 avril, qui avait transformé le parvis de la mairie de Saint-Denis en symbole de résistance populaire.
Pour Bally Bagayoko, cette mobilisation n’était qu’un début : l’enjeu est désormais de donner à cette dynamique une dimension nationale.
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6 000 à 15 000 manifestants le 4 avril : le rassemblement fondateur qui a donné naissance à un mouvement
Le 4 avril, une première mobilisation avait rassemblé entre 6 000 personnes selon la police et 15 000 selon les organisateurs sur le parvis de la mairie de Saint-Denis.
Ce rassemblement, qualifié par Bally Bagayoko de « mobilisation populaire historique », visait à exprimer le rejet des propos racistes et xénophobes qui ont tendance à se normaliser dans l’espace public.
Ce succès de mobilisation a donné au maire la conviction que les conditions étaient réunies pour franchir une étape supplémentaire à l’échelle nationale.
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Un appel à l’engagement, à la dignité et à la solidarité active : « Marchons en masse le 21 juin »
Dans son appel, Bally Bagayoko décrit le rendez-vous du 21 juin comme « un appel à l’engagement, à la dignité, à la solidarité active » et « un appel à construire un avenir commun, juste et humain, car en tant de crise il n’y a d’autre voie que celle de la lutte ».
Convaincu que rien ne peut changer sans une pression populaire soutenue, le maire de Saint-Denis entend faire de cette marche un évènement national majeur.
Pour la Seine-Saint-Denis, territoire souvent en première ligne face aux discriminations, ce rendez-vous du 21 juin se veut un signal fort envoyé à toute la France.




