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Parcs à thème à Cergy-Pontoise : 6 milliards d’euros et 22 000 emplois, un projet qui pourrait bouleverser le Val-d’Oise

L’annonce faite fin août 2026 par le président Emmanuel Macron aux côtés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane marque le plus grand projet d’aménagement touristique en Île-de-France depuis l’inauguration de Disneyland Paris. Porté par Qiddiya Investment Company, filiale du Fonds public d’investissement d’Arabie Saoudite (PIF), dans le cadre de la politique Choose France, ce complexe de trois parcs à thème prévu sur le territoire de Cergy-Pontoise représente 6 milliards d’euros d’investissement privé et 22 000 emplois directs annoncés.

 

Si les enjeux sont immenses pour le Val-d’Oise, les défis opérationnels, environnementaux et territoriaux sont tout aussi considérables.

 

Un projet historique qui suscite autant d’enthousiasme que de questions.

 

Un investissement de 6 milliards d’euros signé dans le cadre de Choose France

 

Ce projet n’est pas seulement une affaire de parcs d’attractions : c’est un acte diplomatique et économique de premier plan, signé au plus haut niveau de l’État français et porté par l’un des fonds souverains les plus puissants au monde.

 

Macron, MBS et Choose France : la dimension diplomatique d’un investissement hors norme

 

L’annonce officielle a été faite fin août 2026 par le président Emmanuel Macron aux côtés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dans le cadre de la politique d’attractivité Choose France.

 

Ce dispositif, lancé pour attirer de grands investissements internationaux sur le sol français, a déjà permis de sécuriser plusieurs dizaines de milliards d’euros d’engagements depuis sa création.

 

L’annonce Qiddiya s’inscrit dans cette dynamique avec un investissement total de 6 milliards d’euros financés par Qiddiya Investment Company, filiale du PIF (Fonds public d’investissement d’Arabie Saoudite).

 

La présence des deux chefs d’État à l’annonce confère au projet une dimension symbolique et politique forte, bien au-delà d’un simple accord commercial.

 

22 000 emplois directs : entre construction et exploitation permanente

 

Les 22 000 emplois directs annoncés se répartissent sur deux grandes phases complémentaires. La phase de construction mobilisera massivement les secteurs du BTP, de l’ingénierie et de l’aménagement sur plusieurs années, offrant des débouchés immédiats pour les entreprises et les salariés du bâtiment en Val-d’Oise et en Île-de-France.

 

La phase d’exploitation permanente créera quant à elle des emplois durables dans l’hôtellerie, la restauration, l’accueil, la sécurité, la maintenance des attractions et toute la chaîne de services d’un resort touristique de grande envergure.

 

Pour un département comme le Val-d’Oise, ces emplois, souvent accessibles sans diplôme élevé, représentent une opportunité structurelle rare.

 

Trois parcs dont un dédié au manga et à l’anime : une offre touristique mondiale inédite

 

Le complexe se distingue de tous les autres parcs d’attractions existants en France par son ancrage dans la culture populaire japonaise, et notamment dans l’univers du manga et de l’anime.

Une thématique qui vise une clientèle internationale déjà très nombreuse en Europe.

 

Un parc entièrement dédié à la culture manga et anime, avec Dragon Ball en tête d’affiche

 

L’un des trois parcs du complexe sera consacré à la culture populaire japonaise et à l’univers du manga et de l’anime.

 

Il inclura une déclinaison dédiée à des franchises cultes comme Dragon Ball — l’une des séries de manga les plus vendues et les plus regardées au monde, avec des centaines de millions de fans sur tous les continents.

 

Ce positionnement est stratégiquement très fort : il n’existe aucun grand parc à thème entièrement dédié à la culture manga en Europe à ce jour.

 

Cergy-Pontoise pourrait donc devenir la destination de référence mondiale pour des millions de fans européens et internationaux, attirés par une expérience immersive impossible à trouver ailleurs sur le continent.

 

Un resort touristique complet avec hôtels thématisés et espaces de restauration

 

Les trois parcs ne fonctionneront pas comme de simples parcs d’attractions journaliers. Ils seront conçus pour fonctionner comme un resort touristique complet, sur le modèle de Disneyland Paris.

 

Le complexe intégrera des complexes hôteliers thématisés permettant aux visiteurs de séjourner plusieurs jours, des zones de restauration et de commerces diversifiées et des espaces de divertissement permettant de profiter du site de l’arrivée jusqu’au coucher.

 

Ce modèle de resort intégré est celui qui génère le plus de retombées économiques pour le territoire d’accueil : les visiteurs ne viennent pas seulement pour la journée, ils dorment sur place, mangent sur place et dépensent sur place.

 

Les communes voisines de Courdemanche et de Cergy-Pontoise seront les premières bénéficiaires de ces flux de consommation.

 

Un rééquilibrage touristique majeur et des défis opérationnels à surmonter

 

Au-delà de l’effet immédiat sur l’emploi, ce projet porte une ambition plus large : rééquilibrer l’attractivité touristique de l’Île-de-France vers l’ouest francilien.

 

Mais avant d’en arriver là, plusieurs chantiers administratifs, environnementaux et d’infrastructure restent à mener.

 

Rééquilibrer le tourisme francilien : l’ouest rattrape l’est

 

Ce complexe vise à rééquilibrer l’attractivité touristique majeure de l’Île-de-France vers l’ouest francilien, historiquement moins doté en grands pôles de loisirs par rapport à l’est — où Disneyland Paris et les parcs de Marne-la-Vallée concentrent l’essentiel de l’offre.

 

Implanter un complexe de cette envergure à Cergy-Pontoise, c’est créer un contrepoids géographique qui permettra de distribuer plus équitablement les flux touristiques internationaux sur l’ensemble du territoire francilien.

 

Pour les habitants de l’ouest parisien, du Val-d’Oise et de toute la grande couronne nord-ouest, c’est aussi la promesse d’une grande destination de loisirs accessible sans traverser toute la métropole.

 

Des études d’impact, des transports et du logement à finaliser avant tout début de travaux

 

Le projet repose pour le moment sur un protocole d’accord initial. Plusieurs chantiers majeurs restent à finaliser avant que les premiers coups de pelleteuse puissent être donnés.

 

Les études d’impact environnemental et la concertation publique sont obligatoires et prendront du temps. L’aménagement des transports — adaptation de la N184, de l’A15 et des connexions ferroviaires — représente un investissement public conséquent dont le financement reste à négocier.

 

Le logement des salariés et le déploiement des infrastructures réseau nécessaires au fonctionnement d’un resort de cette taille restent également à planifier.

 

Ces étapes sont longues mais indispensables : elles conditionneront la viabilité à long terme d’un projet qui, s’il se concrétise, changerait durablement le visage touristique et économique du Val-d’Oise pour les prochaines décennies.

 

Cergy-Pontoise : 6 milliards € et 22 000 emplois

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.