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Municipales dans le Val-d’Oise : le Medef alerte sur les programmes qui menacent l’économie locale

Dans le cadre des élections municipales, le MEDEF Val-d’Oise (MEVO) adopte une posture d’alerte auprès des candidats et des futurs élus locaux.

 

L’organisation patronale souligne que la gestion municipale et intercommunale influe directement sur l’attractivité des zones d’activités, l’emploi local et la pérennité des PME du département.

 

Pour le MEDEF 95, certains programmes municipaux contiennent des mesures qui pourraient fragiliser un tissu économique déjà soumis à de fortes pressions : hausse de la fiscalité locale, blocage de projets d’aménagement, restrictions de circulation sans alternatives viables.

 

Le message est clair : les décisions des maires ont des conséquences directes sur les entreprises et les emplois du Val-d’Oise.

 

Trois risques identifiés qui pourraient peser lourd sur les PME du département

 

Le MEDEF Val-d’Oise pointe trois types de mesures municipales susceptibles de nuire à l’attractivité économique du département.

 

Ces risques concernent aussi bien les finances des entreprises que leur capacité à s’implanter, à livrer et à recruter sur le territoire.

 

La hausse de la fiscalité locale : une pression supplémentaire insupportable pour les entreprises

 

Premier risque identifié par le MEDEF 95 : la hausse des impôts locaux pesant sur les entreprises. Foncier bâti, taxe sur les surfaces commerciales, Versement Mobilités : ces prélèvements, lorsqu’ils augmentent, réduisent directement les marges des PME déjà confrontées aux incertitudes économiques nationales.

 

Pour une petite entreprise qui fonctionne avec des marges serrées, une hausse même modeste de la fiscalité locale peut suffire à remettre en question un investissement, un recrutement ou même la survie de l’activité.

 

Le MEDEF demande donc aux candidats de s’engager sur un gel ou une stabilisation des taux de fiscalité professionnelle, afin de ne pas ajouter une pression locale à une conjoncture nationale déjà difficile.

 

Gel de l’investissement et restrictions de mobilité : deux freins à l’activité productive

 

Le deuxième risque concerne le blocage de nouvelles zones d’activités ou les moratoires sur l’implantation logistique et industrielle.

 

Pour le MEDEF 95, ces décisions risquent d’asphyxier le tissu productif départemental en empêchant les entreprises de trouver des locaux adaptés à leur croissance. Le troisième risque est lié aux restrictions de circulation et de logistique urbaine : la multiplication de contraintes de circulation sans alternatives viables entrave la chaîne d’approvisionnement des entreprises et complique les déplacements des salariés.

 

Dans un département comme le Val-d’Oise, où la logistique autour de Roissy-CDG et des axes de la Vallée de l’Oise est un moteur économique majeur, ces restrictions peuvent avoir des effets en cascade sur l’emploi local.

 

Le « guide des propositions » du patronat : quatre axes pour une gouvernance favorable aux entreprises

 

Pour contrer ces risques, le MEDEF Val-d’Oise ne se contente pas de pointer les problèmes. Il soumet aux candidats une série d’exigences concrètes organisées en quatre axes stratégiques, pour faire de chaque commune du 95 un territoire attractif pour les entreprises et l’emploi.

 

Pacte fiscal, commande publique et emploi dans les quartiers prioritaires

 

Le premier axe est celui du Pacte fiscal et de la stabilité : le MEDEF demande aux futurs élus un engagement ferme à geler les taux de fiscalité locale pesant sur les locaux professionnels et les usines.

 

Le deuxième axe porte sur la commande publique locale : il s’agit de faciliter l’accès des TPE et PME du Val-d’Oise aux marchés publics municipaux, en simplifiant les procédures et en réservant une part de ces contrats aux entreprises locales.

 

Le troisième axe concerne l’emploi et l’inclusion : il demande le déploiement de partenariats locaux pour favoriser l’apprentissage et l’embauche dans les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), où le chômage reste structurellement plus élevé que dans le reste du département.

 

La souveraineté foncière et industrielle : maintenir des zones d’activités attractives

 

Le quatrième axe — et peut-être le plus structurant à long terme — est celui de la souveraineté foncière et industrielle.

 

Le MEDEF 95 demande aux futurs élus de s’engager à maintenir des zones d’activités attractives et à simplifier les permis d’aménager pour l’industrie locale.

 

Dans un département où le foncier disponible se raréfie et où la pression immobilière est forte, cet engagement est crucial pour éviter que les entreprises industrielles et logistiques ne soient progressivement chassées vers d’autres territoires.

 

Perdre ces activités, ce serait perdre des milliers d’emplois directs et indirects, souvent accessibles sans diplôme, qui font partie du tissu social et économique du Val-d’Oise depuis des décennies.

 

Un département à l’équilibre fragile : pourquoi les décisions locales comptent autant

 

Le MEDEF rappelle que le Val-d’Oise repose sur un équilibre économique particulièrement fragile, où la concentration d’infrastructures stratégiques autour de Roissy-CDG et les axes logistiques de la Vallée de l’Oise rendent le territoire très sensible aux décisions municipales et intercommunales.

 

Roissy-CDG et la Vallée de l’Oise : deux moteurs qu’il ne faut pas fragiliser

 

Le Val-d’Oise est caractérisé par la concentration de deux grandes infrastructures économiques nationales : le secteur Roissy-CDG, deuxième aéroport d’Europe et premier pôle d’emploi du département, et les axes logistiques de la Vallée de l’Oise, qui alimentent une part importante de l’activité industrielle et de transport du nord francilien.

 

Ces deux moteurs sont directement dépendants des conditions que les communes locales offrent aux entreprises : accessibilité des zones d’activités, fluidité des axes de circulation, disponibilité de foncier adapté.

 

Une décision municipale mal calibrée — une restriction de circulation, un blocage d’implantation — peut avoir des répercussions en chaîne sur des dizaines d’entreprises et des milliers de salariés.

 

Un besoin vital de dialogue entre élus locaux et chefs d’entreprise

 

Au-delà des revendications, le message central du MEDEF Val-d’Oise est celui du dialogue. L’organisation patronale rappelle qu’il existe un besoin vital de synergie entre les décisions des maires et la réalité opérationnelle des chefs d’entreprise pour maintenir les emplois sur le territoire.

 

Les élus locaux ne peuvent pas gouverner efficacement leur commune sans connaître les contraintes concrètes des entreprises qui y sont installées : leurs besoins en foncier, en infrastructure, en transport et en main-d’œuvre qualifiée.

 

C’est pourquoi le MEDEF 95 appelle à la mise en place de concertations régulières entre les futurs élus municipaux et les représentants des entreprises locales, pour que les décisions prises en conseil municipal tiennent compte des réalités économiques du terrain.

 

Municipales 2026 : le MEDEF alerte sur l’économie du Val-d’Oise

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.