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Rentrée scolaire dans le Val-de-Marne : les écoles face à un manque d’accompagnants

Dans le Val-de-Marne, académie de Créteil, la rentrée scolaire 2026 est marquée par de fortes tensions autour du manque d’accompagnants des élèves en situation de handicap, les AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap).

 

Selon les syndicats enseignants, notamment la FSU-SNUipp 94, il manquerait environ 3 000 AESH pour couvrir l’ensemble des besoins notifiés dans les écoles, collèges et lycées du département.

 

Ce déficit perturbe directement la prise en charge des enfants dont les besoins ont pourtant été reconnus par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) et accentue les inégalités d’accès à une école véritablement inclusive.

 

Familles, enseignants, associations de parents d’élèves et parlementaires se mobilisent pour demander des solutions concrètes.

 

Un déficit de 3 000 AESH qui fragilise l’école inclusive dans tout le département

 

Les chiffres avancés par les syndicats enseignants dressent un tableau préoccupant : le Val-de-Marne est parmi les départements les plus touchés de France, avec des conséquences directes sur la scolarisation effective de nombreux enfants en situation de handicap.

 

L’académie de Créteil parmi les plus touchées, avec plus de 26 % des lycées et collèges en déficit

 

Selon les syndicats enseignants, il manque environ 3 000 AESH pour couvrir l’ensemble des besoins notifiés dans les écoles, collèges et lycées du Val-de-Marne.

 

L’académie de Créteil figure parmi les plus touchées de France : plus de 26 % des établissements secondaires enregistrent un manque d’au moins un poste d’AESH à cette rentrée.

 

Ces chiffres signifient concrètement que des centaines d’enfants dont les droits à l’accompagnement ont été reconnus officiellement par la MDPH se retrouvent sans solution ou avec un accompagnement insuffisant dès les premières semaines de l’année scolaire, dans un département qui compte pourtant parmi les plus peuplés et les plus jeunes d’Île-de-France.

 

Des familles sans solution et des enfants parfois privés de scolarisation effective

 

Les conséquences concrètes de ce déficit sont lourdes pour les familles concernées. De nombreuses familles se retrouvent sans solution ou avec un accompagnement seulement partiel : heures mutualisées réduites, absence d’AESH sur certains créneaux, impossibilité d’assurer la continuité de la prise en charge.

 

Dans certains cas, cette situation aboutit à empêcher la scolarisation effective de l’enfant, qui ne peut pas être accueilli dans de bonnes conditions par l’établissement faute de personnel qualifié.

 

Pour ces familles, souvent déjà épuisées par les démarches auprès de la MDPH, cette situation est vécue comme une double peine : le droit à l’accompagnement a été reconnu sur le papier, mais il reste inapplicable dans les faits.

 

Les origines de la pénurie : précarité, enveloppes budgétaires fermées et tensions globales

 

Le manque d’AESH n’est pas un phénomène nouveau.

 

Il est le résultat de plusieurs facteurs structurels qui se cumulent : des conditions de travail difficiles qui freinent les recrutements, des enveloppes budgétaires insuffisantes et un contexte éducatif départemental globalement tendu.

 

Des contrats précaires, des salaires faibles et une pénibilité qui font fuir les candidats

 

La première cause de la pénurie est bien connue des acteurs du terrain : les conditions de travail et la précarité du métier d’AESH freinent fortement le recrutement et augmentent la rotation du personnel. Les contrats à temps partiel subis — souvent à 60 ou 70 % d’un temps plein —, la faiblesse des rémunérations et la pénibilité physique et émotionnelle du métier découragent de nombreux candidats potentiels.

 

Beaucoup d’AESH quittent la profession après quelques années, rendant difficile la constitution d’équipes stables et expérimentées dans les établissements scolaires.

 

Cette instabilité est particulièrement préjudiciable aux enfants accompagnés, pour qui la continuité de la relation avec leur accompagnant est souvent un facteur clé de réussite scolaire.

 

Des enveloppes budgétaires fermées et un contexte éducatif globalement tendu dans le 94

 

Le second facteur est d’ordre budgétaire. Les syndicats dénoncent des enveloppes budgétaires fermées qui empêchent le recrutement à la hauteur des besoins réels du département, malgré l’augmentation continue des notifications de la MDPH.

 

Ces contraintes financières s’inscrivent dans un contexte éducatif départemental globalement tendu dans le Val-de-Marne, marqué également par des fermetures de classes et un manque de personnels enseignants et médico-sociaux.

 

Pour les équipes pédagogiques qui doivent gérer au quotidien ces manques, la situation est épuisante.

 

Des associations de parents d’élèves et des enseignants continuent de réclamer un plan de recrutement d’urgence et la création d’un véritable statut de la fonction publique pour les AESH, afin de pérenniser la prise en charge des élèves concernés.

 

Les réponses institutionnelles : Pôles d’appui à la scolarité et prise en charge de la pause méridienne

 

Face à ces tensions, des parlementaires du Val-de-Marne ont interpellé le gouvernement au Sénat.

 

Le ministère répond en déployant une trentaine de Pôles d’appui à la scolarité dans le département et en prenant enfin en charge le financement des AESH sur le temps de cantine.

 

Le déploiement d’une trentaine de Pôles d’appui à la scolarité (PAS) dans le Val-de-Marne

 

Des parlementaires du Val-de-Marne ont interpellé le ministère de l’Éducation nationale au Sénat, dénonçant une « rupture d’égalité devant le service public » pour les familles du département.

 

En réponse, le ministère déploie une trentaine de Pôles d’appui à la scolarité (PAS) dans le Val-de-Marne dès cette rentrée, avant une généralisation ultérieure.

 

Ces nouvelles structures ont pour mission de restructurer l’aide à l’inclusion scolaire en mobilisant des ressources mutualisées — professionnels du médico-social, enseignants spécialisés — pour soutenir les élèves en situation de handicap, leurs enseignants et leurs familles.

 

Si ce dispositif représente un premier pas, les syndicats et les associations soulignent qu’il ne règle pas à court terme le problème central : le manque de personnel AESH sur le terrain.

 

La prise en charge de la pause méridienne : une avancée réelle mais conditionnée à la présence des agents

 

Autre évolution notable : conformément à une réglementation récente, l’État prend désormais en charge le financement des AESH sur le temps de cantine et de pause méridienne.

 

Jusqu’ici, cette prise en charge incombait aux collectivités locales, créant des inégalités selon les communes.

 

Cette clarification du financement est une avancée concrète pour les familles qui avaient du mal à obtenir un accompagnement continu sur l’ensemble de la journée scolaire.

 

Cependant, elle reste conditionnée à la présence effective des personnels sur le terrain — ce qui souligne une fois de plus que le vrai problème reste le déficit de recrutement.

 

Tant que les AESH ne seront pas suffisamment nombreux et correctement rémunérés pour rester dans la profession, les avancées réglementaires resteront largement théoriques pour les familles qui en ont le plus besoin.

 

Rentrée 2026 : manque d’AESH dans le Val-de-Marne

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.