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Des drones pour surveiller la Marne : le Val-de-Marne teste une nouvelle arme contre les noyades

La collectivité Paris Est Marne & Bois, dans le Val-de-Marne, a mené en août 2026 une expérimentation inédite de surveillance par drones le long de la Marne, dans le but de renforcer la sécurité aquatique et de prévenir les noyades.

 

Cette opération, réalisée en conditions réelles en partenariat avec Dronotec — une entreprise spécialisée dans les solutions par drones basée à Maisons-Alfort —, explore une façon entièrement nouvelle de surveiller les berges et les zones de baignade.

 

À l’heure où les noyades restent l’une des premières causes de mort accidentelle en France pendant l’été, ce dispositif pourrait représenter une avancée concrète pour les collectivités qui peinent à couvrir des linéaires de berges souvent très étendus avec leurs seules équipes de sauveteurs au sol.

 

Un test en conditions réelles sur la Marne pendant tout le mois d’août 2026

 

L’expérimentation s’est déroulée en conditions réelles, directement sur les berges de la Marne, pendant un mois complet.

 

Ce cadre d’expérimentation exigeant a permis de tester le dispositif face aux contraintes réelles du terrain : météo, lumière variable, affluence des baigneurs et complexité des berges.

 

Dronotec, partenaire technique basé à Maisons-Alfort : une expertise locale mobilisée

 

L’opération a été réalisée en collaboration avec Dronotec, une entreprise spécialisée dans les solutions par drones basée à Maisons-Alfort, en Val-de-Marne.

 

Ce choix d’un partenaire local est cohérent avec la démarche de la collectivité : s’appuyer sur les compétences et l’expertise présentes sur le territoire pour développer des solutions adaptées aux réalités locales.

 

Dronotec dispose d’une connaissance fine des contraintes réglementaires liées à l’utilisation de drones en milieu urbain et péri-urbain, ainsi que d’une expérience opérationnelle dans le déploiement de ces engins dans des contextes exigeants.

 

Le test s’est déroulé durant tout le mois d’août 2026, une période de forte fréquentation des berges de la Marne par les habitants du Val-de-Marne.

 

Des scénarios de vol testés en temps réel pour valider l’opérationnalité du dispositif

 

Pendant ce mois de test, plusieurs aspects du dispositif ont été évalués en conditions réelles.

 

Les équipes ont testé le déploiement opérationnel des drones, les différents scénarios de vol adaptés à la surveillance de berges longues et sinueuses, et la retransmission des images en temps réel vers une plateforme de monitoring dédiée.

 

Ce dernier point est crucial : un drone qui filme mais dont les images ne sont pas immédiatement visibles par les équipes d’intervention n’apporte aucun bénéfice en termes de réactivité.

 

Le test a donc porté une attention particulière à la qualité et à la fluidité de la transmission vidéo, qui conditionne directement l’utilité opérationnelle du dispositif dans un contexte d’urgence.

 

Flux vidéo, intelligence artificielle et aide à la décision : les trois piliers du dispositif

 

Le dispositif testé repose sur trois fonctionnalités complémentaires : la retransmission vidéo en direct, l’intégration à terme d’un algorithme de reconnaissance d’images par intelligence artificielle, et un rôle d’aide à la décision pour les équipes de sauveteurs au sol.

 

Un flux vidéo en direct pour voir ce que les sauveteurs au sol ne peuvent pas voir

 

La première fonctionnalité testée est la plus immédiate : le flux vidéo en direct retransmis depuis le drone vers une plateforme de monitoring.

 

Un drone peut couvrir en quelques minutes un tronçon de berge qu’un sauveteur à pied mettrait plusieurs dizaines de minutes à parcourir. Il peut voir au-dessus des roseaux, des embarcadères ou des zones peu accessibles depuis la rive.

 

Ce regard aérien complémentaire permet de détecter beaucoup plus rapidement un baigneur en difficulté ou un comportement à risque — une personne qui s’éloigne seule de la rive dans une zone non surveillée, par exemple — et d’alerter les équipes d’intervention avant que la situation ne devienne critique.

 

L’intelligence artificielle pour détecter automatiquement les comportements à risque

 

La deuxième fonctionnalité, prévue à terme, est l’intégration d’un algorithme de reconnaissance d’images par intelligence artificielle.

 

Cet algorithme serait capable de détecter automatiquement les comportements à risque ou les baigneurs en difficulté parmi les images captées en temps réel par le drone.

 

Plutôt que de demander à un opérateur humain de surveiller en permanence un écran vidéo — une tâche épuisante qui génère inévitablement des angles morts dans l’attention —, l’IA pourrait générer une alerte automatique dès qu’elle détecte une situation anormale : quelqu’un qui s’agite de façon inhabituelle dans l’eau, un nageur immobile, une personne qui coule.

 

Ce type de système existe déjà dans d’autres domaines de la sécurité ; son application à la surveillance aquatique est encore émergente mais très prometteuse.

 

Une vigie aérienne complémentaire, pas un remplacement des sauveteurs humains

 

Le dispositif est conçu comme un outil d’aide à la décision qui vient renforcer et étendre la capacité de surveillance des équipes humaines — et non les remplacer.

 

Les prochaines étapes incluent une analyse réglementaire approfondie avant tout déploiement pérenne.

 

Un outil pour alerter plus vite, pas pour se substituer aux sauveteurs

 

Il est important de clarifier ce que ce dispositif est — et ce qu’il n’est pas. Il s’agit d’une vigie aérienne complémentaire dont le rôle est d’alerter rapidement les équipes d’intervention sur le terrain, sans remplacer les sauveteurs humains.

 

Un drone ne peut pas plonger dans l’eau pour sortir quelqu’un en train de se noyer. Il ne peut pas rassurer un baigneur en panique, ni pratiquer les gestes de premiers secours.

 

Ce que le drone peut faire, en revanche, c’est réduire le temps entre le moment où une personne commence à être en difficulté et le moment où les sauveteurs sont alertés et peuvent intervenir.

 

Dans un accident de noyade, cette réduction du délai d’intervention peut faire la différence entre la vie et la mort.

 

Une analyse SORA et une évaluation réglementaire avant tout déploiement pérenne

 

L’expérimentation étant terminée, les données recueillies font l’objet d’une analyse technique et réglementaire approfondie.

 

Cette analyse inclut notamment une étude d’évaluation des risques aériens et au sol, dite analyse SORA (Specific Operations Risk Assessment). Cette étude, obligatoire pour tout déploiement opérationnel de drones en dehors du cadre expérimental, évalue précisément les risques liés à l’utilisation de ces engins dans un espace fréquenté par du public et situé à proximité d’habitations et d’infrastructures.

 

C’est seulement à l’issue de cette analyse et de l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires que la collectivité pourra statuer sur un éventuel déploiement pérenne du dispositif sur les berges de la Marne.

 

Si le bilan est positif, Paris Est Marne & Bois pourrait devenir l’une des premières collectivités franciliennes à intégrer durablement la surveillance par drone dans son dispositif de sécurité aquatique estivale.

 

Val-de-Marne : des drones testés pour prévenir les noyades sur la Marne

Héloïse Pieragnoli

Diplômée de l’école de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM), Héloïse Pieragnoli a intégré par la suite la Google News Initiative, où elle a pu renforcer son écriture web. Aujourd’hui rédactrice pour La Gazette de l’Entrepreneur, elle est également bénévole au sein de La Chance, pour la diversité dans les médias. Une structure qui l’avait soutenu dans le passé, afin d’accomplir son projet professionnel.